FICHE INFO n°3 : le risque pulmonaire (BPCO, cancer broncopulmonaire)

Ce qu’est la pathologie :

Outre le cancer du poumon, les séropos peuvent développer une BronchoPneumopathie Chronique Obstructive. La BPCO est une maladie pulmonaire inflammatoire qui entraîne une « obstruction » des voies respiratoires. Le calibre des bronches se rétrécit du fait de la présence, en quantité anormale, de sécrétions et de l’épaississement de leurs parois.

Elle se caractérise par l’association d’une bronchite chronique, c’est-à-dire des bronchites à répétition avec toux et crachats au moins 3 mois par an pendant 2 années consécutives, et par une diminution progressive du souffle conduisant à un essoufflement au moindre effort.

Progressivement les activités de tous les jours, comme monter un escalier ou porter une valise, peuvent devenir difficiles.

À ce jour on ne sait pas guérir la BPCO. Les prises en charge tentent de stopper la progression de la maladie et de soulager les symptômes. Les vaccins anti-pneumococciques  tous les 5 ans et anti-grippaux tous les ans sont aussi un moyen pour limiter la survenue des bronchites répétées et l’aggravation de la maladie.

Quelques chiffres chez les séropos :

Le cancer bronchopulmonaire est 2,5 plus fréquent qu’en population générale, et d’apparition plus précoce (50 ans en moyenne contre 65 ans). Il est essentiellement dû à une surconsommation de tabac et de cannabis. Il est également corrélé à la baisse des CD4.

Les séropos sont pour la plupart fumeurEUSEs (entre 50 et 60% contre 20 à 30% de la population). De même la BPCO touche plus les séropos et pourrait être lié à un excès de facteurs de risque tels que la consommation de tabac, de cannabis, ou aux antécédents d’infections bronchopulmonaires dont la pneumocystose.

Repérer un cancer bronchopulmonaire :

Le diagnostic du cancer bronchopulmonaire chez les séropos est souvent fait à un stade avancé, comme pour la population générale. Le groupe d’experts sur la prise en charge du VIH recommande de rechercher par tomodensitométrie (TDM) un cancer bronchopulmonaire chez les séropos devant toute symptomatologie thoracique suspecte (toux persistante, hémoptysie, douleur…) ou altération de l’état général (notamment un amaigrissement).

Évaluer le risque de BPCO :

Le repérage et la prise en charge de la BPCO chez le séropos sont identiques à ceux de la population générale*. Les professionnels de santé doivent penser à la BPCO y compris chez l’adulte jeune et poser la question des facteurs de risque au premier rang desquels figure le tabagisme.

Les circonstances de découverte peuvent être : le suivi d’une bronchite chronique, l’apparition d’un des symptômes de la BPCO ou une exacerbation, identifiés par le médecin ou par d’autres professionnels : pharmacien, infirmier(e), kinésithérapeute.

Le diagnostic de BPCO repose sur la mise en évidence du trouble ventilatoire obstructif par une mesure du souffle avec un spiromètre.

Faites le test : aurais-je une BPCO ? https://www.has-sante.fr/upload/docs/application/pdf/2014-06/questionnaire_depistage_bpco_gold_web.pdf

Vérifier les interactions entre le traitement ARV et certains corticostéroïdes :

Afin de minimiser le risque de syndrome de Cushing et de perturbation de la fonction surrénale, la béclométhasone doit être privilégiée en cas de traitement de BPCO par corticoïdes inhalés chez les sujets recevant des antirétroviraux inhibiteurs des cytochromes (ritonavir, cobicistat).

Les intéractions peuvent être recherchées à partir du site https://www.hiv-druginteractions.org/

Par ailleurs, le traitement du cancer bronchopulmonaire est le même que pour les séronégatifVEs.

* recommandations du guide du parcours de soins BPCO de la HAS, https://www.has-sante.fr/upload/docs/application/pdf/2012-04/guide_parcours_de_soins_bpco_finale.pdf

L’instant prévention #BonnesRésolutions

Entamer une démarche pour arrêter de fumer

Pour arrêter de fumer, la volonté seule ne suffit pas toujours… On doit pouvoir compter sur des conseils, des outils. Près de 6 fumeurs sur 10 ont envie d’arrêter, selon Tabac Info Service. Il est préférable d’être accompagné et soutenu en période de sevrage. Votre médecin traitant, le tabacologue, mais aussi votre entourage peuvent vous aider à maintenir le cap.

Et si vous rejoigniez un groupe de parole ? Au-delà du lien avec votre médecin ou votre tabacologue, il existe des groupes de soutien dans la plupart des Centres de soins, d’accompagnement et de prévention en addictologie (Csapa) et dans certaines associations.

Nous vous conseillons le guide de notre association amie, Actions Traitements, Se libérer du tabac quand on vit avec le VIH, https://www.actions-traitements.org/wp-content/uploads/2014/06/Se-lib%C3%A9rer-du-tabac-quand-on-vit-avec-le-VIH.pdf

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