CAPOTE INTERNE

Préservatif interne, qui en parle ?

     Ce week-end, le 16 septembre, c’est la journée internationale du préservatif interne (ou « féminin ») dans le langage grand public) qui avait été lancée en 2012 par la National Female Condom Coalition. Entre les journées du patrimoine et la journée sans voiture à Paris, qui en parlera ? D’ailleurs qui en parle le reste de l’année ? 

     Commercialisé en France depuis 1999 seulement, il ne jouit pas de la renommée du préservatif externe (ou dit masculin). Qui a en tête une campagne grand public de communication étatique sur le préservatif interne? Ce n’est certainement pas Santé Publique France qui changera cette situation, estimant qu’il n’est pas adopté par les femmes en priorité ni par le reste de la population, une campagne spécifique n’a donc pas lieu d’être, maintenant ses distributions gratuites aux associations demandeuses. Ce préservatif restera confiné chez des groupes qui se sont saisis de cet outil de prévention du VIH et des IST et contraceptif et qui l’utilisent de manière efficace, en partageant leurs connaissances de paires à paires, comme c’est le cas pour les travailleuses du sexe et les femmes originaires d’Afrique subsaharienne.

Si ce préservatif est adapté aux corps de tous genres, il a été publicisé en direction des femmes. Dans cette optique, ne pas en parler c’est ne pas voir la féminisation de l’épidémie du VIH/sida, oublier les millions de femmes contaminées et mortes du sida, ne pas prendre en compte le tiers que représentent les femmes parmi les personnes nouvellement diagnostiquées séropositives au VIH en France et les jeunes filles qui représentent une grande part des personnes contaminées par une IST (la majorité pour les chlamydias).  

L’utilisation du préservatif interne demande un temps d’appropriation comme n’importe quel nouvel outil que l’on découvre, une utilisation répétée pour savoir le mettre correctement dans son vagin (avec les doigts) ou son anus (avec les doigts, un gode ou un pénis) et aller au-delà des a priori sur son aspect soi-disant rebutant.
Plus d’informations sur son utilisation : https://www.france.tv/slash/sexy-soucis/463731-mon-copain-ne-veut-pas-mettre-de-preservatif.html. Son prix est un autre frein, non disponible en grande surface, commercialisé en pharmacie, mais pas dans toutes, distribué par deux sociétés qui se partagent le marché ne favorisant donc pas une baisse des prix. 

Pourtant, le préservatif interne est un outil de prévention qui peut être utilisé par touTEs, hommes, femmes, non binaires, trans ou cisgenre, intersexes ou dyadiques, quel que soit ton orientation sexuelle et ta sexualité, protégeant ton vagin et/ou ton anus (en enlevant l’anneau interne amovible pour ce dernier). 

     En polyuréthane puis en nitrile, matières conduisant davantage la chaleur que le latex, hypoallergénique aussi, s’utilisant avec des gels lubrifiants à base d’eau, il offre la possibilité d’être inséré avant le rapport sexuel, même 2h avant, ce qui peut aider dans la fougue à négocier son port avec l’autre partenaire.

Chez les lesbiennes et biEs cis ou entre personnes ayant une vulve, il permet d’utiliser ses doigts, sa main, son gode entre le vagin et l’anus de l’unE des partenaires, en protégeant l’un et l’autre organe d’un échange de muqueuses qui peut être agressif, sans avoir à changer de gants ou de préservatif externe déroulé. 

Chez les homos et bis, il permet d’éviter les réticences à utiliser un préservatif externe, parce que celui-ci serre trop le pénis, n’ayant pas trouvé sur le moment de taille xl ou xxl à disposition chez soi ou dans une backroom, ou parce que l’on peut perdre son érection le temps de sortir et dérouler le préservatif en vue d’une pénétration anale ou vaginale.

Les associations de lutte contre le sida et les IST, de santé en général, de nos communautés LGBTI, féministes, font des actions au plus près de leurs publics, voire des campagnes plus généralistes, diffusons davantage ces outils, ces ateliers, notamment dans les différents centres LGBTQI+ en France, et forçons les pouvoirs publics à nous soutenir financièrement et à agir également par leurs campagnes. 

Alors que nous, ActupienNEs, avons lancé cette semaine le défi #cherchetacapote dans ton lycée, aujourd’hui nous en profitons pour dire #cherchetacapoteinterne !