CANDLE LIGHT DAY 2018

Au sortir de ces derniers mois au sida sur les écrans, la mémoire ne doit pas défaillir


Les écrans ont montré le sida ces derniers mois, plus que d’habitude et avec un accueil qu’on ne connaissait pas. S’il était bon ton de parler sida, c’était avant tout le moment d’invoquer la mort de ses plus proches pour celles et ceux à qui l’on tendait le micro, ou pour tout un chacun qui sortait de la salle de cinéma tout retourné par nos histoires remises en scènes. « Pourquoi j’ai survécu et pas euxELLES ? », une question qui continuent encore à hanter certains destins. 


Oui, on a eu l’opportunité de reparlé des mortEs du sida, on a pu refaire le deuil de cetTE amiE, de cetTE amantE, qui est partiE dans les faux semblants familiaux de l’enterrement, pris dans les filets d’homophobie et d’angoisse envers cette maladie, silence mensonger. 


Aujourd’hui les morts de séropos ont toujours lieu en France, environ 1500 chaque année, et plus que jamais encore dans le monde, à hauteur d’1 million de personnes par an. Les traitements maintiennent les vies en suspens, ou plutôt en quarantaine, car le rejet des séropos est toujours là. Les corps infectés vivent, mais les douleurs quotidiennes et les pathologies multiples en plus de l’infection sont vives aussi. On vieillit comme on peut, seul ou en maison de retraite quand on peut se permettre de payer les prestations des instituts. Passer ses dernières année sans avoir eu un contact peau à peau, humain, est possible, nous vous l’assurons : il suffit d’avoir des aides soignantEs et des infirmierEs ignares sur le sida, qui vous manipulent avec des gants en plastique à chaque instant, dans l’EHPAD hors de prix. 


Nous nous réunissons ce soir, quelques semaines après le 20 mai, Candelight Day, pour faire mémoire à toutEs ces mortEs du sida, emmenéEs par un virus qui détruit physiquement et socialement. Nous nous devons de continuer à lutter contre le sida, pour qu’un jour la guérison advienne vraiment pour toutes les personnes séropositives. On ne mettra pas fin au sida tant que des personnes resteront séropositives au VIH. 


On se réjouit de l’accès récent aux soins de conservation pour les personnes séropositives au VIH ou à une hépatite virale. Ceci est le fruit de bien des années de combat associatif. Il y a de nombreux autres champs où des droits sont à gagner. Nous en appelons ce soir à la création d’un centre d’archive LGBTI où le sida et ses morts sont bien présents. C’est un besoin important contre l’oubli et pour faire entendre à ces jeunes générations LGBTI l’importance de prendre soins de sa santé, dans un contexte où elles ne se sentent pas concernée par le virus.

**Au sortir de ces derniers mois au sida sur les écrans, la mémoire ne doit pas défaillir**Les écrans ont montré le…

Gepostet von Les Actupiennes am Mittwoch, 13. Juni 2018