ANRS 173 ALTAR

Allègement du Traitement AntiRétroviral

Promoteur : Inserm-ANRS

Investigateur coordonnateur : Pr Christine Katlama ( Service des maladies infectieuses et tropicales Hôpital Pitié-Salpêtrière Paris)

 Co-investigateur de l’essai  Dr Jade Ghosn (Service des maladies infectieuses et tropicales Hôpital Bichat-Claude Bernard Paris)

Pays participants : France , Espagne et Brésil

Le but de cet essai est de comparer l’efficacité virologique de 2 stratégies Thérapeutiques « allégées » chez des personnes qui n’ont jamais pris de traitement contre l’infection par le VIH (traitement antirétroviral) qui ont un taux de cellules T CD4 sanguines élevé et une charge virale faible.

Contexte et objectifs de l’essai : vous allez débuter un traitement antirétroviral dont l’objectif est d’empêcher la multiplication du virus. On parle alors de contrôler le virus et d’amener la charge virale à l’indétectabilité, c’est-à-dire que le virus ne se multiplie plus. Cependant, si les traitements antirétroviraux  permettent ce contrôle viral, ils ne peuvent éradiquer le virus et doivent être poursuivis à vie sous peine de rebond viral en cas d’arrêt ou de prise insuffisante.

Plusieurs études ont montré que des bithérapies (association de 2 traitements antirétroviraux) peuvent être aussi efficaces que des trithérapies en diminuant l’exposition moléculaire tout en induisant moins d’effets indésirables, potentiels à long terme.Ceci est particulièrement vrai lorsque le diagnostic du VIH a été fait assez tôt dans la maladie avec une immunité peu abimée et une charge virale modérée comme ceci est votre cas. L’essai a pour objectif  de comparer l’efficacité de 2 traitements allégés : l’un comportant une bithérapie d’emblée par inhibiteur d’intégrase (dolutégravir) plus lamivudine, l’autre une bithérapie par ténofovir emtricitabine précédée d’une période de 4 mois de trithérapie.Ces 2 stratégies thérapeutiques « allégées » comprennent des médicaments qui ont déjà montré leur efficacité contre le VIH. Elles s’adressent à des personnes n’ayant jamais pris de traitement antirétroviral contre l’infection par le VIH et diagnostiquées précocément (charge virale faible < 50000 copies/ml et des lymphocytes CD4 élevés >500mm3). 

Objectifs :

Objectif principal : Démontrer à S48 la non-infériorité d’une bithérapie d’analogues  nucléosidiques (TDF) ou ténofovir alafénamide ( TAF) et emtricitabine  (TFC) précédée d’une phase d’induction en trithérapie avec TDF ou TAF plus  emtricitabine plus inhibiteur d’intégrase (INI) par rapport à une bithérapie immédiate (2-DR) comportant  dolutégravir plus lamivudine chez des patientEs infectéEs par le VIH naïfs de traitement antirétroviral, ayant une charge virale faible inférieure à 50 000 copies/ml et des lymphocytes CD4 >300 /mm 3.

Objectifs secondaires :Comparer pendant les 96 semaines de l’essai les 2 stratégies en terme de : succès virologique (CV < 50 copies / ml), réponse thérapeutique, évolution des paramètres immunologiques CD4, CD8 et ratio CD4 / CD8, modification de l’ADN VIH dans le sang, profil de résistance virale et concentrations plasmatiques des molécules ARV en cas d’échec virologique, tolérance clinique et biologique, quantification ARN VIH et concentration des ARV dans le sang et dans le sperme (sous-étude JO, S16 et S48), évaluation du profil métabolique, de la fonction rénale, de la qualité de vie (auto-questionnaires) , observance (auto-questionnaires).

Nombre de patientEs prévu : 360 patientEs (180 par bras)

ALTAR est un essai comparatif, multicentrique, international, ouvert de phase III. Les 2 stratégies sont les suivantes :

 Stratégie TRI-BI comportant une phase d’induction de 16 semaines avec une trithérapie (3-DR)  incluant 2 analogues nucléosidiques  (TDF ou TAF plus FTC) et un inhibiteur d’intégrase suivie de la bithérapie (2-DR) avec TDF ou TAF / emtricitabine ( (TDF/FTC Gé ou Descovy).

Stratégie BI immédiate avec dolutégravir (DGT) Tivicay 50 mg QD plus lamivudine Gé (3TC 300mg QD).

Critères d’évaluation : 

  • critère principal : proportion de patientEs ayant une charge virale VIH <50 copies/ml à 48 semaines sous le traitement de l’essai.                      
  • Critères secondaires : comparer les 2 stratégies à S 48 et à S 96 en termes d’efficacité :       proportion de patientEs en succès virologique (ARN VIH plasmatique< 50 copies/ml) à chaque point après S12. Proportion de patients en échec thérapeutique, proportion de patientEs en succès thérapeutique à S48 et S96. Proportion de patientEs ayant acquis des mutations de résistance après échec virologique, facteurs associés à l’échec virologique, concentrations plasmatiques d’ARV au moment d’un échec virologique, évolution des lymphocytes T CD4* et TCD8*, rapport CD4/CD8 à chaque point de mesure par rapport à J0. Quantification ARN VIH dans le liquide séminal et dans le sang. Comparaison en termes de tolérance : incidence des évènements indésirables cliniques et biologiques, pourcentage de patientEs ayant eu ces évènements de grade 3 ou 4, évolution des paramètres métaboliques (cholestérol, HDL, LDL) glycémie, évolution de la fonction rénale, évolution de la qualité de vie liée à la santé.

Quantification de l’observance mesurée par auto-questionnaire.

Critères d’éligibilité : Age >18 ans, sans antécédent de traitement antirétroviral,                                      CV ARV < 50000 copies/ ml, CD4 > 300/ mm3, test de grossesse urinaire négatif pour les femmes non ménopausées, patientE affiliéE à un régime d’assurance santé, ayant signé un consentement libre et éclairé.

Suivi des patientEs : Les patientEs seront suiviEs pendant 96 semaines avec13 visites

AGENDA PREVISIONNEL : Durée inclusion : 24 mois. Durée maximale de l’essai /patientE : 24 mois (4 semaines screening, 96 semaines d’essai). Fin de l’essai : 6 mois après la dernière visite du/de la dernierE patientE. 

Durée totale de l’essai : 4 à 5 ans

Début prévu : 1ertrimestre 2019

A la fin de l’essai les résultats globaux sont communiqués aux participantEs, si les résultats sont en faveur de l’efficacité et de la sécurité d’emploi de ces stratégies, vous pourrez poursuivre les mêmes traitements. Sinon votre médecin pourra vous prescrire immédiatement une trithérapie d’antiviraux selon les recommandations nationales françaises.