FICHE INFO n°6 : le risque de cancers liés au papillomavirus humain

Ce qu’est la pathologie :

L’infection à HPV est l’infection sexuellement transmissible la plus fréquente, un contact de doigts suffi pour la faire passer d’une muqueuse à l’autre. L’usage du préservatif ne permet pas de se protéger totalement et efficacement des HPV, mais rappelons qu’il protège des autres IST. On rentre souvent en contact avec les HPV dès son premier rapport sexuel.

Une centaine de génotypes du virus HPV existent. Il y en a qui sont la cause de verrues génitales aussi appelées condylomes (HPV de type 6 et 11 notamment) et d’autres qui sont responsables de dysplasies, productions de tissus anormaux, sources de cancers (HPV de type 16 et 18 en grande majorité).

Quelques chiffres chez les séropos :

La prévalence des HPV chez les femmes et les gays est comparable. Celle chez les séropositifVEs est bien plus grande que chez les séronégatifVEs. Les défenses immunitaires amoindries n’aident pas à la clearance, c’est-à- dire à l’élimination du virus des tissus.

Pour exemple, chez les personnes séropositives, trois quarts des femmes, la moitié des hommes hétérosexuels et presque tous les gays sont porteurs de ce virus au niveau anal. La co-infection par plusieurs sérotypes de HPV concerne près de 2/3 des séropos. De même les séropositifVEs développent plus facilement des condylomes et ces condylomes sont beaucoup plus envahissants. A peu près un séropositifVE sur quatre développe des condylomes. Une fois traités les condylomes ont un risque important de récidives. Ces dernières surviennent bien plus souvent chez les séropositifVEs comparé aux séronégatifVEs.

Les séropos ont 20 fois plus de risque de développer un cancer du col de l’utérus et 29 fois plus de risques d’être touchéEs par le cancer du canal anal que la population générale.

Prévention et recommandations de prise en charge :

Suivi proctologique des séropos Pour les séropositifVEs ayant des rapports anaux réceptifs, des condylomes ano-génitaux ou des antécédents de condylomes, et les femmes ou personnes ayant un utérus avec un antécédent de dysplasie ou de cancer du col, un suivi se fait par anuscopie classique à l’œil nu, dont La périodicité est fonction du bilan initial : en cas d’anomalie sur le bilan initial, la périodicité du suivi est au minimum annuel,en l’absence d’anomalie, il appartiendra au médecin (gastro-entérologue/proctologue) de définir la périodicité du dépistage qui ne devra néanmoins ne pas excéder deux ans.
Suivi gynécologique des séropos (Femmes cisgenres & personnes trans ou inter ayant un utérus) Un dépistage par frottis lors de la découverte de la séropositivité, puis le rythme des frottis suivants sera établi au cas par cas : s’il n’y a pas eu d’antécédents de dysplasies et que le frottis initial est normal, il est recommandé un frottis annuel pendant 3 ans, puis si ces trois frottis ont été normaux, sous réserve d’une charge virale contrôlée et d’un taux de CD4 > 500/mm3, le frottis est réalisé tous les 3 ans, au même rythme que les personnes séronégatives.dans les autres situations le frottis doit être réalisé tous les ans. Le dépistage du cancer du col doit être poursuivi au-delà de 65 ans chez toutes les personnes séropositives, contrairement à la population générale.

Recommandations vaccinales contre le papillomavirus humain :

Personnes à vaccinerGarçons et jeunes filles entre 11 et 19 ans infectéEs par le VIH Gays, bis & autres HSH de moins de 26 ans
Schéma vaccinal avec Gardasil 9®3 doses : deux mois entre la 1ère et la 2ème injection, quatre mois entre la 2ème et la 3ème injection3 doses : deux mois entre la 1ère et la 2ème injection, quatre mois entre la 2ème et la 3ème injection
Où se faire vaccinerLa vaccination peut être réalisée par un médecin, un infirmier (sur prescription médicale) ou une sage-femme, en libéral, à l’hôpitalLa vaccination peut être réalisée par un médecin, un infirmier (sur prescription médicale) ou une sage-femme, en libéral, à l’hôpital
Prix121,41 € l’injection
Remboursement par l’assurance maladie à hauteur de 65%. Voir la part prise en charge de votre complémentaire santé si vous en avez une.
Elle peut se faire gratuitement dans un CeGIDD, un centre de planification familiale et certains centres de vaccination publics.
121,41 € l’injection
Remboursement par l’assurance maladie à hauteur de 65%. Voir la part prise en charge de votre complémentaire santé si vous en avez une.
Elle peut se faire gratuitement dans un CeGIDD, un centre de planification familiale et certains centres de vaccination publics.

Les ActupienNEs ont produit une brochure d’information spécifiquement sur le HPV. Pour approfondir le sujet : https://lesactupiennes.fr/brochure-les-lgbti-et-seropos-face-au-hpv

L’instant prévention #BonnesRésolutions

Et si je reprenais une vie sans produits lors du sexe !

Le terme « chemsex » désigne un ensemble de pratiques qui consistent à consommer des produits psychoactifs (essentiellement des stimulants) dans le cadre sexuel, le plus souvent lors de sessions de sexe en groupe organisées et planifiées.

Au-delà des contaminations par le VIH, le VHC, le VHB ou d’autres IST, les principaux problèmes rencontrés par les personnes dans le chemsex sont :

  • à court terme : les intoxications aigües, les mauvaises descentes avec les produits psychoactifs, les abcès et les plaies liés à l’injection, les interactions entre drogues et antirétroviraux,
  • à moyen et long termes : la perte de la maîtrise des consommations et l’addiction, la désocialisation et la restriction du champ d’intérêt, la dégradation de la santé psychique, la décompensation de maladies psychiatriques.

Au-delà du suivi des IST et de la prise en charge des problématiques addictives, le soutien psychologique est très utile dans la prise en charge des usagers en situation de désocialisation, de mal-être ou de souffrance psychique.

Il est préférable de s’orientation en priorité vers les dispositifs et les professionnels qui se sont spécialisés sur ces questions (offre qui existe à Paris et dans d’autres grandes villes).

Pour plus d’infos, n’hésitez pas à consulter la liste des lieux prenant en charge les personnes concernées par le chemsex, mise à disposition par notre association amie, Enipse Prévention Santé, https://www.enipse.fr/chemsex/

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