FICHE INFO n°7 : le risque des autres cancers

Ce qu’est la pathologie :

Les cancer sont des maladies provoquées par la transformation de cellules qui deviennent anormales et prolifèrent de façon excessive. Ces cellules déréglées finissent par former une masse qu’on appelle tumeur maligne.

L’espérance de vie des personnes séropositifVEs a augmenté grâce à l’arrivée des traitements antirétroviraux, mais d’autres pathologies se greffent à l’infection VIH, dont les cancers. Une personne porteuse du VIH a un risque plus fort de développer certains cancers : le virus affaiblit le système immunitaire, qui peut moins bien lutter contre les infections susceptibles de provoquer le cancer.

Certains cancers sont plus présents chez les séropos qu’en population générale, notamment le cancer anal, le cancer bronchopulmonaire, le cancer cutané et la maladie de Hodgkin.

Quelques chiffres chez les séropos :

Les séropos sont plus touchéEs que la population générale par les cancerss. C’est même la première cause de mortalité chez euxELLES. 36% des décès des séropos sont dus aux cancers.

Les séropos ont :

  • 2,5 fois plus de risque que la population générale d’avoir un cancer du bronchopulmonaire,
  • 20 fois plus de risque de développer un cancer du col de l’utérus,
  • 29 fois plus de risques d’être touchéEs par le cancer du canal anal,
  • 7 fois plus de risques de développer un cancer du foie,
  • 2 fois plus de risques de développer un cancer de la peau,
  • 100 fois plus de risque de développer un lymphome non Hodgkinien que la population générale.

Il est à noter que chez les séropos en succès virologique (avec une charge virale contrôlée et des CD4 en nombre), le sarcome de kaposi refait actuellement son apparition sans que l’on ne puisse l’expliquer.

Prévention et recommandations de prise en charge :

Le repérage d’un cancer est le même qu’en population générale,avec toutefois une vigilance particulière pour ceux présentant un risque accru pour les séropos (cancer de l’anus, lymphomes, cancers bronchopulmonaires, cancer du foie, cancers cutanés et cancers dus à une infection à papillomavirus humain).

Repérer un cancer cutanéo-muqueux :

La réalisation d’un examen annuel de repérage d’un cancer cutanéo-muqueux est recommandée par les experts, pour tous les séropos, indépendamment de la charge virale et du taux de CD4 : examen* systématique de la peau et des muqueuses, comme recommandé en population générale, en cas de facteurs de risque.

L’examen est réalisé tous les 6 mois, comme en population générale, à partir des recommandations de la HAS et de l’INCa**, en cas de lésion suspecte ou pour les sujets à risque : phototype cutané de type I ou II, antécédents de coups de soleil, dommages actiniques, antécédents personnels ou familiaux de mélanome cutané.
En cas de suspicion de cancer cutané, la conduite à tenir est identique à celle en population générale.

Repérer un lymphome :

Les lymphomes représentent la deuxième cause de décès par cancer chez les séropos, particulièrement en ce qui concerne les lymphomes non hodgkiniens, même si leur incidence a diminué.
Il existe un risque accru de maladie de Hodgkin de 10 à 20 fois par rapport à la population
générale qui perdure depuis les derniers traitements antirétroviraux.

Il n’existe pas de dépistage spécifique chez les séropos, il est celui recommandé pour la population générale. Il convient d’effectuer une palpation des aires ganglionnaires une fois/an.
Devant les signes évocateurs, notamment gonflement des ganglions lymphatiques persistant inexpliqué, le référent hospitalier doit être rapidement contacté.

D’autres cancers, fréquents, doivent être dépistés comme en population générale : cancer du sein, de la prostate, de la cavité buccale, cancer colorectal.

Concernant les cancers liés au papillomavirus humain, le cancer du foie et le cancer bronchopulmonaire, pour plus d’informations sur les recommandations et la prise en charge, vous pouvez vous reporter aux fiches-info dédiées des actupienNEs.

Prise en charge en cas de cancer :

La prise en charge est la même qu’en population générale, en tenant compte, toutefois, des risques d’interactions : entre le traitement antirétroviraux et les médicaments antinéoplasiques, entre un traitement antirétroviral et certains antalgiques.

Comme en population générale une RCP (Réunion de Concertation Pluridisciplinaire) doit être organisée pour discuter de la stratégie thérapeutique.

* https://www.e-cancer.fr/Expertises-et-publications/Catalogue-des-publications/Detection-precoce-des-cancers-de-la-peau-Medecins-generalistes

** https://www.has-sante.fr/jcms/c_1354947/fr/actualisation-de-la-revue-de-la-litterature-d-une-recommandation-en-sante-publique-sur-la-detection-precoce-du-melanome-cutane

L’instant prévention #BonnesRésolutions

Le dépistage régulier des IST

Le dépistage de la syphilis, ainsi que celui de Chlamydia et gonocoque, est réalisé tous les 3 à 6 mois chez les séropos ayant des partenaires multiples.

Concernant le VHC, une surveillance sérologique régulière tous les 6 à 12 mois est à faire chez les séropos dont l’exposition au risque existe. De même, en l’absence de séroprotection via vaccination, une surveillance sérologique régulière tous les 6 à 12 mois est faite lorsque l’exposition au risque existe pour le VHB.

L’usage du préservatif est nécessaire pour éviter les contaminations par les IST.

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