IDAHOT 2019

IDAHOT 2019: Les lois discriminatoires (contre les LGBTI+) plongent les populations clés dans la clandestinité, hors de portée des services sanitaires et sociaux essentiels. https://www.unaids.org/…/pressrele…/2019/may/20190516_IDAHOT

Nous vous invitons aussi à lire le focus sur la sérophobie rédigé par les SéropotesSida Info Service et Les Actupiennes dans le rapport 2019 de SOS homophobie

Pour lutter contre les cancers liés au Papillomavirus Humain, tout le monde doit se faire vacciner sans distinction

Les associations de lutte contre le sida, de lutte contre le cancer, féministes, et LGBTI, en appellent aux autorités

Les pathologies causées par le papillomavirus humain ont un poids important sur la santé de la population française : 5 à 10 % de tous les cancers en France sont causés par ce virus toutes localisations confondues (utérus, anus, pénis, vulve, gorge, etc.). Outre les cancers, les verrues génitales, aussi appelées condylomes, pèsent sur les vies, compte tenu de leur caractère récidivant et des opérations invasives, douloureuses, répétées, à subir quand ceux-ci sont internes (utérus, anus).

Pourtant, la vaccination contre les souches de papillomavirus humain (HPV) les plus délétères est disponible et fait partie du calendrier vaccinal, en étant remboursée à 65% pour les jeunes filles dès 11ans, avec un rattrapage possible jusqu’à 19ans. La fréquence des cancers liés aux HPV vient de la faible couverture vaccinale française, actuellement à moins de 20%, soit une des plus basses d’Europe, alors que le Plan Cancer 2014-2019 fixe un objectif de 60%. Victime de fakenews depuis plusieurs années, soi-disant responsable de maladies auto-immunes, alors que des études scientifiques ont montré son innocuité, victime d’une sexualisation, parce qu’ayant été promue à partir de 2007 à réaliser avant le début de l’activité sexuelle des jeunes filles, ce taux n’est pas suffisant pour assurer une protection de masse, englobant les garçons de manière indirecte.

C’est en tant qu’association de lutte contre le sida, de lutte contre le cancer, de lutte pour les droits des femmes, des LGBTI, des étudiantEs, que nous en appelons à nouveau aux autorités, publiquement, pour adopter la réponse la plus appropriée à ce contexte : la mise en place au plus vite de la vaccination pour touTEs, contre le HPV, quel que soit son genre, son sexe ou son orientation sexuelle, tout en conservant le travail indispensable de prévention comprenant information, éducation et lieux ressources accessibles à touTEs. 

Nous nous inscrivons dans la lignée et souscrivons à l’«appel des 50» du 20 mars 2019, où Académies, Collèges, Sociétés, Syndicats médicaux et personnalités médicales appellent à un dépistage et une vaccination universelle contre le papillomavirus.

Nous ne sommes pas seules à réclamer une vaccination non genrée, puisque le Conseil National du Sida la recommande, la stratégie nationale de santé sexuelle et plusieurs Plans Régionaux de Santé 2 l’intègrent déjà. L’Australie en 2013 et le Royaume-Uni en 2018 l’ont adoptée.

Il est alors incompréhensible que les autorités sanitaires et responsables politiques continuent de tergiverser. Nous n’attendrons plus les demi-mesures, telles que la recommandation de vaccination aux hommes cisgenres ayant des relations sexuelles avec des hommes (homos, bis et hommes s’identifiant comme hétéros) jusqu’à 26ans, soit quand elle est trop tardive et que le HPV est déjà entré en contact, soit quand elle est trop précoce pour parler aisément avec son médecin de famille de son orientation ou de ses relation sexuelles qu’on ne connaît pas forcément à un jeune âge.

Nous n’attendrons plus les reports successifs depuis septembre dernier de l’avis sur l’extension de la vaccination à rendre par le comité technique sur les vaccinations de la Haute Autorités de Santé, qui empêche une évaluation avant début 2020 du vaccin Gardasill® 9 dans l’indication pour «tous les garçons âgés de 11 à 14 ans».

Nous dénonçons la casse du principe d’expérimentation de la vaccination pour tous et toutes dans 3 régions par un amendement du gouvernement voté au sein du PLFSS 2019 qui le lie au rendu de l’avis de la HAS déjà reporté.

Il faut comprendre que la seule remobilisation des jeunes filles, dans une approche binaire filles/garçons, en vue de les inciter à se vacciner, ne sera pas suffisante pour constater une amélioration de la couverture vaccinale et une protection de la population. La seule option possible est d’augmenter la population à vacciner, c’est-à-dire de vacciner également les garçons.

De plus, cela permettrait pour les populations minoritaires et marginalisées :

De sortir la vaccination d’une vision binaire des genres et des corps, en ne faisant plus reposer la responsabilité de la prévention seulement sur les filles cisgenres, sachant que l’on parle d’une IST qui touche tout le monde.

De permettre aux hommes gays et bis, très exposés à ce virus et n’étant pas habitués à un suivi régulier par des urologues et des proctologues, d’être enfin protégés, puisque la seule vaccination des filles ne protégeait indirectement que les garçons hétéros.

De permettre aux personnes séropositives de mieux être protégées contre le papillomavirus en limitant sa circulation par une bonne couverture vaccinale. Ces personnes sont elles aussi très exposées au papillomavirus : sur-risque de développer un cancer de l’anus estimé à 29 fois celui de la population générale ; 2 à 6 fois plus de risques de développer un cancer du col de l’utérus pour les femmes séropos, avec un diagnostic de cancer du col posé 10 ans plus tôt que chez les femmes séronégatives.

De permettre aux personnes trans et aux personnes intersexes d’être mieux protégées contre le papillomavirus : en plus des gays et bis cisgenres et des personnes séropositives, les personnes trans sont très touchées par ces pathologies, qu’elles soient séropositives ou non, du fait de leur plus grande précarité, de leur non accès aux droits sociaux et de la fin du remboursement de la prise en charge gynéco des complications liées au HPV pour les hommes trans une fois obtenu leur changement d’état civil.

Ne pas établir maintenant une vaccination de tous les jeunes, c’est permettre les futurs cancers de demain. D’autres pays se sont déjà engagés dans cette voie, avec des résultats prometteurs ; à quand la France? Nous répondons : il est plus que temps. 

Les 46 signataires :

19 associations de lutte contre le sida

Les ActupienNEs

Le Crips Ile-de-France

Le Crips PACA

Les Amis du Patchwork des Noms 

Sol En Si  

Les Séropotes  

Enipse Prévention santé

HF Prévention 

Les Petits Bonheurs  

Actions Traitements 

SIS-Association/Sida Info Service 

Afrique Avenir  

Pari-T 

COREVIH IDF Sud 

COREVIH Paca Ouest Corse

Le 190 

Les Sœurs de la perpétuelle indulgence, Couvent de Paname

Les Sœurs de la perpétuelle indulgence, Couvent de Paris

Turbulences LMV 

Elus locaux contre le sida

Actif Santé

1 associations en santé sexuelle généraliste

Le Planning Familial  

12 associations LGBTQI

Centre LGBTI de Touraine

ADHEOS

Centre LGBT Paris-Ile-de-France 

Iskis – Centre LGBTI+ de Rennes 

Centre LGBT Côte d’Azur  

Inter-LGBT

La Lesbian and Gay Pride de Lyon

HOMOBOULOT

Afrique Arc-En-Ciel Paris IDF

LGBTQI-POUPPETTE

Bi’Cause

Le Refuge

1 syndicat étudiant

Solidaires étudiant-e-s 

3 associations de lutte contre le cancer

Association EVE

1000 Femmes 1000 Vies 

Perspectives contre le cancer

Personnes individuelles signant : 

Pascale Reinteau et Manuel Picaud  

2 médecins

Dr ABRAMOWITZ Laurent, Médecin, Gastro-entérologue et hépatologue

Dr David ZUCMAN, Médecin spécialisé dans la prise en charge du VIH

5 éluEs

Jean-Luc LAGLEIZE,Député de la Haute-Garonne, Vice-président du groupe d’études sida à l’assemblée nationale

Audrey Dufeu Schubert, Députée de la Loire-Atlantique, membre du groupe d’études cancer à l’assemblée nationale 

Mme Bérengère Poletti, Députée de la 1recirconscription des Ardennes, membre du groupe d’études cancer à l’assemblée nationale 

Laurenc Vanceunbrock Mialon, Députée de l’Allier, secrétaire du groupe d’études discriminations et LGBTQI-phobies dans le monde à l’assemblée nationale

Jean Spiri, Adjoint au Maire de Courbevoie, conseiller régional d’Ile-de-France 

CANDLELIGHT DAY 2019

Rassemblement en souvenir des mortEs du sida

Nos mémoires ne doivent pas oublier ceuxELLES qui sont tombéEs, souvent dans la solitude et toujours dans la souffrance et la peur.

Cette sempiternelle question « Pourquoi MOI je suis là et pas euxELLES ? » continue à hanter les vies. Nos propres vies, les vies des amoureuxSES, des parents, des amiEs, des proches…
Le hasard ou la force qui fait que nous sommes là aujourd’hui pour honorer nos mortEs doit être l’occasion de se souvenir, de prolonger leurs mémoires et leurs combats pour la vie.

Depuis le début de l’épidémie, 40 millions de mortEs soit plus que la population totale du Canada a été décimé par le Sida. En France, toujours 1500 mortEs chaque année. Dans le monde, 1 million de mortEs liéEs au virus par an. 
Les traitements nous maintiennent en vie mais à quel prix ? Survivre commence à nous tuer et ce, même quand on prend un traitement tant la stigmatisation de nos corps fatigués est importante et le virus tenace !
Rappelons surtout que 40% des séropos dans le monde n’ont pas accès à un traitement ce qui fait donc 16 millions de mortEs en sursis ! 
La première génération de séropos qui a survécu et qui a payé le plus lourd tribut est laissée livrée à elle-même face à son vieillissement, ses inquiétudes et sa solitude. 
Comment survivre ses dernières années dans une société qui continue d’avoir peur de vous et de vous rejeter, parfois même sans le vouloir juste piégéEs dans des stéréotypes datés et discriminatoires.

Ces discriminations font le lit de l’épidémie et contaminent toujours 2 millions de personnes dont les plus vulnérables : les jeunes LGBTI, les personnes trans, les migrants, les habitants des pays du Sud…

Pour ces raisons, nous nous devons de renouveler notre engagement à lutter contre le sida, unir nos forces militantes, interpeller encore plus fort les autorités sanitaires françaises et internationales pour que bientôt la guérison arrive et que les contaminations cessent. Informations, dépistages, traitements accessibles et réelle prise en compte des personnes vivant avec le VIH/Sida sont les clés pour mettre fin à l’épidémie. Il faut que cela soit bien plus qu’un discours politicien mais une réelle volonté sociétale ! 

https://www.facebook.com/events/302311654020640/

Gepostet von Les Actupiennes am Montag, 20. Mai 2019

Brochure – Les LGBTI et séropos face au HPV

Il y a des papillons de nuit, il y a des papillons de jour. 

Il y a des papillons qui peuvent stopper vos nuits d’amour,
Poussant sur et dans vos organes, vous menant jusque sur la table d’opération.  Il y a des papillons malins qui peuvent mettre fin à vos jours.   La métaphore du papillon pour parler du papillomavirus humain (HPV),  virus causant des verrues génitales et cancers, parmi lesquels les cancers de l’utérus et de l’anus.   Nos personnages de verre représentent enfin ces pathologies chez les séropos et LGBTI, comme il est très peu coutume, alors que ce sont les plus exposéEs.  Le papillon s’est posé sur : une femme séropositive, un couple d’hommes sérodifférents,  une femme trans séropositive, un couple de femmes,  un garçon trans né avec un utérus, et un homme gay.

La brochure vise à informer sur les pathologies résultantes de cette infection au sein de nos minorités de séropos et LGBTI.  Il est décrit la prise en charge des pathologies et sont dénoncés les manquements du système de soins actuels face à ce sujet,  à l’heure où la vaccination contre le papillomavirus humain n’est toujours pas recommandée aux jeunes garçons.  

Vous pouvez télécharger la brochure ci-dessus et/ou commander gratuitement des exemplaires imprimés par mail sur contact@lesactupiennes.fr

Si vous désirez montrer dans votre ville l’exposition itinérante des vitraux illustrant la brochure (accompagnée d’exemplaires imprimés), n’hésitez pas à prendre contact avec nous sur contact@lesactupiennes.fr

Par l’association Les ActupienNEs
Maquette par Denis Garnier
Vitraux par Rémy Hamai
Relectures par le Collectif Intersexes et Allié.e.s et par le Dr Laurent Abramovitz
Soutien de l’Enipse pour la diffusion

Exposition: Les LGBTI & Séropos face au papillomavirus

Exposition à Paris.

Exposition à Paris

Exposition de vitraux représentant des LGBTI et séropos face au papillomavirus humain.

Une ActupienNE a constitué ces pièces de verre pour illustrer les spécificités de cette pathologie lorsqu’on est LGBTI et/ou séropo.
Les personnages de verre ont servi d’illustrations à la première brochure d’information sur le sujet, que nous sortons parallèlement et dont vous pourrez vous en emparer lors de l’exposition.

L’exposition a lieu toute la semaine du 15 avril au bar le Duplex.
Le vernissage a lieu le 18 avril à 18h30.
Venez nombreuxSES!

https://www.facebook.com/pg/LesActupienNEs/photos/?tab=album&album_id=649558725457061

Exposition à Marseille

Exposition à Marseille

NOS PARTENAIRES

Week-end du Sidaction 2019

De l’importance de continuer la lutte…

Les ActupienNEs s’engagent pour le Sidaction, donnez ! Composez le 110 ou envoyez DON au 92110

Fin de semaine chargée contre le VIH/Sida, hier nous étions sur L’info du vrai de Canal + pour parler vivre avec le VIH, demain nous vous attendons au Majestic Bastille pour la Projection Gratuite – Loïc, séropo indétectable d’Iris Lebrun en leur présence et tout le week-end au Printemps des Assoces : 20ème édition ! [Évènement officiel] stand 44 (univers Santé et Handicap)


Les ActupienNEs ont hâte de vous retrouver sur ces événements

Au Majestic Bastille pour la Projection Gratuite – Loïc, séropo indétectable d’Iris Lebrun

Un grand merci à tous pour ce superbe week end associatif, merci aux nombreuses personnes qui sont passéEs nous voir sur…

Gepostet von Les Actupiennes am Sonntag, 7. April 2019

Argumentaire suite aux études réalisées par Santé Publique France sur le scenario envisagé d’ouverture plus large des critères de sélection des HSH au don du sang

Position partagée par Les ActupienNEs, Bi’Cause, l’Inter LGBT, LGBTQI-Pouppette, Les Séropotes et Urgence Homophobie 

Depuis la révision des critères de sélection des candidats homos, bis et HSH au don du sang de l’été 2016, passant d’une interdiction totale à une interdiction temporaire, sur condition d’un an d’abstinence sexuelle avec un partenaire de même sexe, au regard des études menées ensuite par les agences sanitaires (Complidon, étude de risques résiduels en cas l’abaissement de la durée d’abstinence à 4 mois ou en cas d’égalité avec les donneurs hétérosexuels basée sur 1 partenaire dans les 4 mois précédant le don), les ActupienNEs, Bi’Cause, l’Inter LGBT, LGBTQI-Pouppette, les Séropotes et Urgence Homophobie plaident pour une modification des critères d’interdiction au don du sang allant dans le sens d’une égalité totale de traitement entre individus quel que soit son orientation sexuelle, donc penchant pour le scenario 2 présenté à la ministre de la santé (1 partenaire dans les 4 mois précédant le don).

 Notre position se développe sur les 3 points suivants.

1 / Pas d’augmentation du risque actuel et futur par rapport à la période pré-révision

L’étude Complidon de Santé Publique France a rendu un tableau positif en termes de sécurité du don suite à la modification des critères d’ajournement du don du sang aux homos-bisexuels à l’été 2016. Si des lots ont été identifiés contenant du VIH, leur nombre n’augmente pas suite à cette révision, elle concerne les mêmes publics, les femmes hétérosexuelles et les hommes homo-bisexuels ou ayant des relations sexuelles avec d’autres hommes (HSH). Parmi eux, les hommes identifiés comme séropositifs étaient à des stades précoces, de moins de 6 mois après la contamination, en même proportion avant et après la révision.

A partir de ces données et du calcul de l’incidence au VIH chez les HSH, il a été possible de calculer le risque résiduel de cette révision sur le nombre de poches récoltées contaminées. S’il était de 1/6 000 000 avant 2016, il a été calculé de 1/5 200 000 sur la période 2015-2017, donc une différence trop faible pour estimer un surrisque. Il faut préciser, de surcroit, que sur la période juillet 2016 – décembre 2017, après la révision, le risque est de 1/6 400 000 soit le niveau global d’avant révision.

Les calculs des risques résiduels en fonction des 2 scenarii pour une nouvelle révision des critères montrent que ce risque ne diffère pas soit de la situation actuelle (scénario 1) ou de celle antérieure à l’été 2016 (scénario 2).

Le scénario 1 basé sur une condition d’abstinence de 4 mois pour les donneurs HSH présente un risque résiduel équivalent à celui calculé dans l’enquête Complidon sur la période actuelle d’une abstinence d’un an. Cela n’est guère étonnant, eu égard au comportement en vie réelle des donneurs HSH, qui n’ont pas tous été compliants à cette abstinence sur un temps aussi long, mais qui n’ont visiblement pas représenté de risque augmenté sur le nombre de poches détectées contaminées au VIH.

Le scénario 2 basé sur une condition d’un partenaire dans les 4 mois précédant le don présente un risque 1,5 fois supérieur à celui actuellement (1/ 4 300 000), mais il rejoint le niveau du risque résiduel de la période des 18 mois antérieurs au changement de critères calculé au sein de l’étude Complidon (1/4 350 000) et est moins élevé que le risque résiduel de la période 2011-2013 (1/3 450 000). Il est intéressant de souligner cela, sachant qu’il y avait déjà des HSH qui donnaient, contrevenant à l’interdiction totale en vigueur, et que sans l’insistance des associations LGBTI, la question de la remise à plat des critères d’interdiction des HSH n’auraient pas été soulevée et étudiée conduisant à la révision de 2016. Le risque résiduel d’avant l’été 2016 était donc considéré comme acceptable par les autorités sanitaires. Ce risque résiduel a donc été estimé être similaire si on établissait une égalité de critères quel que soit l’orientation sexuelle du donneur.

De plus, ces calculs sont des estimations avec leur marge d’incertitude. D’une part, pour le scenario 2, il a fallu calculer la proportion d’HSH ayant eu des rapports sexuels entre hommes dans l’année, mais pas dans les 4 mois, en extrapolant à partir de données approchantes sur 6 mois et au sein de l’étude ERAS 2017, qui a touché un public d’homos et de bis fréquentant des réseaux communautaires, plus fréquemment exposés à un risque de séroconversion que l’ensemble des HSH et des homos n’évoluant pas dans ces contextes. La donnée calculée est donc sur une hypothèse haute de risque et influence le calcul de risque résiduel final.

D’autre part, les calculs de risques en vie réelle ont montré un risque beaucoup plus faible que celui estimé suite à la révision de 2016, suite à une meilleure adhérence aux critères (compliance), il ne serait pas étonnant que nous assistions à la même dynamique quel que soit le scenario.

De toute évidence, ne pas faire évoluer le critère d’inclusion des HSH au don du sang vers plus de souplesse et vers l’égalité relèverait d’un statu quo incompréhensible au vu des études de risques à notre disposition.

2/ pour une évaluation des risques basée sur les comportements individuels de la personne se présentant au don, englobant la prise en compte de ses comportements préventifs et des acquis des données scientifiques les plus récentes (notamment le TAsP et la PrEP) et améliorant la compliance

– Une population homo, bi, HSH hétérogène à la lumière des études

L’apport de Complidon est d’interroger les donneurs sur leurs pratiques et les raisons de leur non compliance aux règles établies par l’EFS. Alors que les critères édictent les mêmes règles pour tous les HSH, à partir des analyses épidémiologiques sur le VIH/sida dont les dynamiques de contaminations par population, il faut rappeler que les comportements varient suivant les individus : par exemple, il a été estimé par Santé Publique France qu’à Paris 1 homosexuel sur 5 est séropositif, ce qui veut dire que 4 sur 5 sont séronégatifs sans qu’ils soient voués à changer de statut. Au sein des donneurs HSH de Complidon ayant eu des relations sexuelles dans les 12 derniers mois, donc non compliants, 6.36% ont eu au moins 2 partenaires dans l’année, 22% furent monopartenaires, 11% n’ont eu qu’une relation sexuelle avec un homme dans l’année.

L’EFS ne prend pas en compte cette diversité de comportements quand il décide de réfléchir en termes de populations à risque suivant les dynamiques épidémiologiques. C’est mettre sur le bas-côté, en plus d’imposer une norme d’abstinence sexuelle d’un an, des gens qui pourraient rentrer dans le don sans faire courir de risque au receveur.

– Des critères qui doivent prendre en compte les normes actuelles de prévention

Alors que les campagnes grand public de prévention du VIH et des IST insistent sur la palette actuelle des outils à combiner, pour s’en préserver, les critères au don du sang visant les HSH sont monolithiques par leur préférence de l’abstinence.

Pour l’EFS, un rapport sexuel entre hommes protégé par un préservatif reste un rapport à risque. La logique d’imposition de l’abstinence sexuelle, qui a échoué dans toutes les politiques passées aux Etats-Unis et dans plusieurs pays africains, sous influence religieuse, montre que l’outil prophylactique qu’est le préservatif ne serait pas fiable alors qu’il reste la norme centrale des politiques de prévention étatiques. Comment s’étonner que 41% des HSH qui ont donné leur sang en ayant eu une ou plusieurs relations sexuelles dans l’année aient justifié leur acte par l’utilisation systématique d’un préservatif ? C’est par la confiance mise dans cet outil et son efficacité préventive avérée qu’ils évaluent leur aptitude à donner sans risque.

De même, l’arrivée de la PrEP n’a pas changé cet axe, puisqu’unE donneurSE ayant unE partenaire sous PrEP depuis 4 mois n’est pas considéréE comme sûrE pour donner son sang. C’est ne pas prendre en compte le suivi médical des personnes sous PrEP, les dépistages tous les 3 mois et le traitement des IST, si elles se présentent et sont diagnostiquées, puisque non arrêtées par la barrière médicamenteuse. C’est donc un risque qui baisse pour sonA partenaire.

Mais encore, l’EFS ne prend pas compte la donnée essentielle, validée scientifiquement ces dernières années, que représente le TAsP, soit le traitement comme prévention, qui permet aux séropositifVEs au VIH sous traitement d’arriver à une charge virale indétectable et de n’être plus contaminantE pour sonA partenaire séronégatifVE, potentiellement candidatE au don du sang. Pourtant, celuiELLE-ci restera refuséE au don parce qu’en couple avec une personne séropositive, quel que soit le niveau de sa charge virale, et se verra imposer une période d’abstinence sexuelle de 4 mois avec sonA partenaire.

Enfin, alors que l’hépatite C se guérit grâce à la mise à disposition des nouveaux traitements efficaces, les antiviraux à action directe, les personnes anciennement infectées restent interdites à vie et ne rentrent pas dans la catégorie d’une contre-indication de 4 mois après la guérison d’une IST ou d’un an, comme pour la syphilis. C’est contradictoire avec le fait d’accepter unE donneurSE dont leA partenaire a une ARN au VHC négative depuis plus d’un an, donc considérée comme guérie.

– une compliance qui augmente à mesure que la norme d’inclusion est plus souple et plus réaliste Les commentaires issus des donneurs interrogés dans Complidon montrent que l’abstinence est majoritairement rejetée :

D’une, son principe même est contrecarré par l’emploi du préservatif ;

De deux, la durée est l’autre problème, parce que non réaliste et viable sur une si longue durée et de manière répétée. Ce problème avait déjà été soulevé, tant par les associations LGBTI et de santé que par la DGS, lors des discussions préparant aux modifications des critères en 2016 ; pourtant c’est la durée la plus longue qui fut choisie ;

De trois, cette abstinence visant uniquement les HSH est vécue comme une discrimination alors que 58% de donneurs HSH sondés ne veulent pas être jugés d’après leur orientation sexuelle. D’autant plus que se basant sur les dynamiques épidémiologiques du VIH/sida, il devrait avoir également des critères spécifiques visant les jeunes dans leur globalité (qui présentent le plus grand nombre de contaminations aux IST), les femmes hétérosexuelles cisgenres (parce que le vagin est physiologiquement plus vulnérable aux contaminations que le pénis) et les personnes originaires d’Afrique subsaharienne (qui représentent l’autre grande population touchée par les contaminations à côté des HSH), hors ce n’est pas le cas, il n’y a que les HSH et leurs partenaires qui sont spécifiquement visés par l’EFS.

Tant que les critères d’exclusion seront à un tel niveau de dureté au point d’être déconnectés des comportements et des données scientifiques sur les risques de contamination (préservatif, TAsP, PrEP, fenêtre silencieuse des tests de dépistage (9 pour le VIH, 22 pour le VHC)) et rejetés par les personnes analysant leurs comportements préventifs, il y aura de forts taux de non compliance. A cela s’ajoute le fait que la non compliance existait déjà avant la révision de 2016 et que les comportements actuels n’ont pas fait augmenter le risque résiduel sur le volume de poches contaminées.

Ainsi, ce qui ressort des données de Complidon est que le taux de compliance et la véracité des comportements rapportés lors des entretiens et le niveau de dureté des critères sont inversement proportionnels. Les donneurs HSH associés à des taux non négligeables de non compliance en fonction de certains critères seraient davantage compliants avec des critères moins drastiques et rapporteraient davantage leurs comportements réels lors des entretiens pré-dons. Il y a donc tout intérêt à aligner les critères d’inclusion des HSH sur les hétérosexuels.

3/ Faire rentrer le donneur dans une dynamique de prise en compte de sa santé globale et d’adoption de comportements préventifs

Les préoccupations autour de la non compliance des donneurs sont à mettre en balance face au peu de recherches de diffusion d’informations auprès de ceux-ci permettant de leur faire prendre conscience de leurs comportements, de leur aveuglement conscient ou inconscient face à certaines échelles de risques dépendant du milieu dans lequel ilELLEs évoluent et des relations qu’ilELLEs nouent, et face au besoin de davantage de pédagogie autour de la notion de fenêtre silencieuse des tests de dépistage pour l’infection à VIH.

Nous constatons positivement le changement de braquet de la part de l’EFS, en lançant le projet INNOVADON 2020, alors que les discussions en 2015-2016 sur l’information aux donneurSEs n’avaient pas été suivies d’effets.

Nous poussons à la réalisation de campagnes d’incitation au don explicitant certains critères d’exclusion ou détaillant les comportements préventifs à avoir pour pouvoir se présenter au don sans crainte de se faire refouler. Il faut sortir d’une communication de crise, seule reprise par les médias, sur le besoin de poches de sang par crainte d’une pénurie alors que cela ne s’est jamais produit. Cette information est à délivrée à l’issue des entretiens faits avant chaque don pour que leA candidatE maintiennent des comportements adaptés à son intégration au don du sang.

Cela peut se traduire par une plaquette sur les modes de contamination aux IST, par la palette d’outils de prévention à notre disposition, par les différents modes de dépistages existants, par un planisphère des maladies tropicales, les zones à risques et les dynamiques de progression des épidémies affiché ou diffusé par vidéo.

L’incitation au dépistage doit être répétée, pour que ce geste devienne habituel, surtout dans un contexte national où 30000 personnes ne connaissent pas leur séropositivité au VIH et peuvent venir se présenter au don sans conscience du risque. Nous recommandons la délivrance d’un autotest de dépistage et une ordonnance pour un test en laboratoire, après l’entretien, que leA candidatE soit acceptéE ou refuséE au recueil de son sang. Des publicités générales de l’EFS doivent insister sur ce geste préventif dans le cadre d’une démarche de don.

Les vaccinations contre les hépatites A et B et le papillomavirus (HPV) doivent également être l’objet de promotion.

Ces actions d‘informations, au sein des centres, en plus de la communication externe, n’auront d’impact que si le cadre pour recueillir la parole de la personne lors du questionnaire et de l’entretien est bienveillant et non suspicieux et garant de la confidentialité des données délivrées. Ces problèmes de bienveillance et de confidentialité ont été soulevés par 10% et 7% des HSH non compliants au sein de l’étude Complidon.

Ces actions de prévention relayées par l’EFS doivent avoir pour but que leA donneurSE considère que le souci de sa santé globale est primordial pour assurer la santé du/de la receveurSE par le sang qu’ilELLE aura donné.

Sans cette pédagogie active, pré-pendant-post entretien et don, il n’est pas étonnant que les donneurs, notamment HSH, autoévaluent leurs comportements et ne soient pas compliants à certains critères d’exclusion, surtout quand ceux-ci semblent et sont disproportionnés.

En conclusion, si le don du sang n’est pas un droit, puisque le seul droit est celui à la sécurité du receveur d’avoir un produit sanguin sûr de toutes maladies, nous pouvons dire que c’est dans la perpétuation de critères de sélection basés sur des populations à risques, visant une catégorie de personnes (les HSH, tout comme les partenaires de travailleuse du sexe ou d’usager de drogue) et non basés sur les comportements individuels, associée à la non prise en compte des outils de prévention actuels validés par la recherche que sont le préservatif, la PrEP et le TAsP, et un déni d’informations fournies sur le rappel des actions préventives à adopter (protection, dépistage) pour prendre soin de santé et continuer à être unE candidatE au don du sang, que réside l’aspect discriminatoire des critères actuels visant les personnes homo-bisexuelles et HSH.

Faire évoluer ces critères vers l’égalité de traitement entre touTEs fera cesser cette situation vécue comme injuste, améliorera la compliance et ne fera pas courir plus de risques qu’antérieurement à la révision de 2016.

Epilogue : Une démocratie sanitaire à éprouver

Nous insistons sur la poursuite des relations entre les acteurs associatifs et les instances sanitaires dans l’échange d’informations nécessaires à la poursuite d’un don du sang sûr et non discriminatoire.

D’une part, la révision espérée des critères débouchera sur une nouvelle enquête de compliance des donneurSEs de sang et un nouveau calcul de risques en vie réelle. Nous demandons l’inclusion des associations dans la rédaction des questions de Complidon2, pour éviter certains manques mis en évidence dans la première étude, déjà notifiés lors des réunions de travail en 2016 (recours au dépistage, comportements en fonction du contexte réglementaire, évolutions possibles, etc), sur le modèle de co-construction du questionnaire pré-entretien actualisé suite aux modifications des critères en 2016 et de celui de l’étude Complidon.

D’autre part, nous réclamons l’inclusion des associations d’usagèrEs de drogue et de travailleurSEs du sexe à la table des discussions avec les autorités concernées, pour réviser les critères d’inclusion visant leurs partenaires, qui ont été durcis à l’été 2016 sans qu’elles soient auditionnées auparavant.

Contacts :

Les ActupienNEs :
Mikaël ZENOUDA, responsable du pôle Prévention, 0613508980, coordination@lesactupiennes.fr

Inter-LGBT :
Laurent JOURDAIN-DEDIEU, délégué Santé, 0681103040, laurent.jourdain-dedieu@inter-lgbt.org

Les Séropotes :
Roman KRAKOVSKY, président, 06 19 80 52 14, president@seropotes.org

Pourquoi le don du sang et ses critères intéressent et interrogent la lutte contre le sida ?

Epidémiologie

– les critères d’ajournement se basent sur l’épidémiologie du VIH/sida et des IST (évolutions des contaminations sur une année et au sein d’un groupe donné) pour justifier des ajournements visant des catégories de population (homos-bis et HSH, travailleurSEs du sexe, usagèrEs de drogue et leurs partenaires).

– les instances sanitaires bien connues de la lutte contre le sida et de ses associations travaillent sur la mise en oeuvre du don du sang (Santé Publique France, Institut National de Veille Sanitaire, Direction Générale de la Santé).


Dépistage

– les outils de dépistage les plus fins et techniquement performants sont utilisés sur les poches de sang collectées.

– la fenêtre silencieuse des tests de dépistage des IST empêchant de repérer une séropositivité très récente est utilisée parmi les raisons de critères d’ajournement spécifiques.

Prévention

– le don du sang a besoin que ses donneurSEs ne se contaminent pas pour conserver une base suffisante pour assurer ses réserves de poches de sang disponibles pour les receveurSEs en demande ; la prévention fait partie intégrante de la lutte contre le sida.

– les outils de prévention ne sont pas pris en compte dans la définition du risque ou de la protection lors d’un rapport sexuel (préservatifs, PrEP).
– l’EFS et la DGS ne reconnaissent pas la charge virale indétectable d’unE séropo comme protégeant d’une contamination pour sonA partenaire séronégatifVE (TAsP).

 – Un rapport sexuel à risque n’est pas défini par les instances sanitaires (EFS, DGS).
– l’abstinence sexuelle n’est pas un recours efficace en vie réelle pour réduire un risque de contamination au VIH et aux autres IST, alors qu’elle est imposée aux homos, bis et HSH. Elle est absente des discours de prévention associatifs et étatiques, mais employée par l’EFS et la DGS.

  – les donneurSEs ou futurEs candidatEs au don ne sont pas suffisamment informéEs sur le VIH et les IST (définitions, modes de transmission, outils de prévention).

 

En tant que patientEs expertEs, nous revendiquons notre place à la table de travail et notre parole publique sur le don du sang et ses critères d’exclusion.

ANRS 163 ETRAL / sous-étude DEXA – bithérapie chez les séropos de 45 ans et + / Résultats

                            Résultats principaux en Février 2019

L’essai a débuté en janvier 2015 et s’est terminé en avril 2018.

165 participantEs ont été inclusEs (117 hommes et 48 femmes) dans 17 centres en France et 3 en Espagne.

Le diagnostic de découverte du VIH datait de 1995 en médiane. Moyenne d’âge de 52 ans (le plus  jeune de 45 ans  et  le plus âgé de 84 ans). La charge virale contrôlée (< 50 copies/ml) depuis 6,9 ans en médiane. Un nadir de CD4 (la valeur de CD4 la plus basse atteinte par unE patientE dans l’historique de sa maladie) de 200 cellules/ml et 22% des participantEs ont présenté dans le passé une infection classant Sida.

 

Quels sont les résultats de l’essai ? L’essai a montré que la bithérapie raltégravir + étravirine permet de maintenir une charge virale contrôlée chez les participants de 45 ans et plus avec bénéfices sur les paramètres métaboliques et inflammatoires

L’efficacité virale a été maintenue chez 99,4% des participantEs après 1 an et 98,7% après 2 ans. Seulement 2 échecs virologiques ont été observés au cours de l’essai. Aucune résistance aux traitements du groupe des inhibiteurs  d’intégrase  n’a été détectée, en revanche une sélection de mutation conférant à une résistance à l’étravirine chez l’un des participants a été retrouvée et cette même mutation étaient déjà présente chez un autre patient avant le début de l’étude, mais n’avait pas été détectée dans son historique médical. Le traitement de ces 2 patients a été modifié en conséquence. 

Après 24 mois de bithérapie raltégravir + étravirine, l’essai a montré une amélioration du bilan lipidique sanguin ainsi qu’une augmentation du ratio CD4/CD8 et une diminution  de  certains  marqueurs d’inflammation.

 

Sous-étude DEXA : la densité minérale osseuse a augmenté chez 81 participantEs.

L’indice de masse corporelle a augmenté de + 0,6 avec une prise de poids de 2,2 kg en 2 ans.         

Une sous-étude quantifiant le virus dans le sperme chez 26 hommes a montré des charges virales VIH contrôlées dans le liquide séminal pour 25 d’entre eux. Seul 1 participant avait une charge virale à 505 copies/ml dans le liquide séminal. Ces résultats correspondent à ce qui est observé généralement dans les essais cliniques.

La tolérance des traitements a été surveillée durant l’essai. 35 évènements indésirables graves ont été déclarés dont 5 ont été considérés comme liés au traitement de l’essai. 10 participantEs ont arrêté la prise de raltégravir + étravirine avant la fin de l’essai pour évènements indésirables ce qui a donné un taux de succès du traitement de 95,1% à 1 an et de 92,7% à 2 ans.

 

Quelles sont les perspectives ? Cet essai valide la bithérapie raltégravir+étravirine qui est une association efficace et sûre chez des personnes âgées de 45 ans et plus, infectées par le VIH-1 et traitées par des ARV depuis de nombreuses années. Elle génère également un bénéfice au niveau inflammatoire, immunitaire, des lipides et de l’os.

 

Pr Christine KATLAMA Hôpital de la Pitié Salpêtrière 47-83 Bd de l’Hôpital 75013 Paris.

Allègements thérapeutiques : ou comment avaler moins de chimie en restant en succès thérapeutique

Mettre en place un allègement thérapeutique pour une personne séropositive permet d’améliorer sa qualité de vie, de corriger ou réduire les effets indésirables, de limiter les interactions médicamenteuses. Cet allègement thérapeutique ne doit pas être fait n’importe comment, de sa propre initiative et toujours dans un accord patientE/médecin. Et certaines conditions impératives doivent être remplies : succès thérapeutique, charge virale indétectable de plus de 12 mois et une bonne observance.

Qu’est-ce que l’allégement thérapeutique ?

Deux options :

1- Il peut s’agir de prendre moins de chimie, c’est-à-dire espacer les prises (prendre par exemple ses antirétroviraux seulement 5 ou 4 jours par semaine) ou encore réduire la posologie.

2- Ou prendre moins de molécules, en passant d’une trithérapie à une bithérapie, voire à une monothérapie. Aussi, il est à rappeler que l’allègement est à distinguer de la simplification, qui est le fait de prendre moins de prises par jour, ou encore prendre moins de comprimées, tout en restant sur une trithérapie (souvent un combo, un comprimé regroupant plusieurs molécules, en une seule prise par jour).

Les conditions du succès thérapeutique de l’allègement se vérifient au maintien d’une charge virale indétectable, d’une amélioration des paramètres biologique et à l’amélioration ressentie par la personne sur son état physique (baisse des effets secondaires indésirables des traitements) et mental et surtout au maintien de l’observance de la prise du traitement.

Traitement par intermittence (5 jours sur 7, 4 jours sur 7, …)

Il s’agit de prendre son traitement 5 voire 4 jours consécutifs et faire une pause des prises les jours restant. Au cas par cas, cette stratégie de prise discontinue peut être envisagée. Lors de l’essai ouvert ANRS162-4D*, sur 100 patients en succès virologique sous une trithérapie depuis au moins 12 mois, 96% des patients étaient toujours en succès thérapeutique sous le schéma 4 jours sur 7. Des essais de plus grande ampleur sont en cours, incluant un plus grand nombre de trithérapies : cet allègement pourrait être possible avec chaque trithérapie pour 45% des séropos traitéEs et indétectables selon le Dr De Truchis, sans besoin de switch (changement de molécules).

Aller vers une bithérapie voire une monothérapie

L’indétectabilité, observée sous trithérapie lors d’un succès virologique, est vérifiée également dans le cadre d’un certain nombre* de combinaison « switch » en bithérapie. Des questions restent tout de même en suspens pour le traitement par bithérapie et il en ressort qu’il doit faire l’objet de recherches plus approfondies. A contrario, beaucoup de données existent sur les monothérapies, qui sont possible ou à exclure*. Quoiqu’il en soit, un passage en bithérapie ou en monothérapie doit s’initier en accord mutuel avec l’infectiologue et une nouvelle surveillance virologique adaptée.

Quelle place pour les médicaments génériques ?

L’allègement thérapeutique ouvre plus de place aux médicaments génériqués, puisque passer à une bithérapie ou une monothérapie nécessite de « casser » sa trithérapie en un seul comprimé journalier (ces dernières étant protégées par un brevet). Nous rappelons que l’intérêt économique ne doit pas jouer dans l’accès aux soins et dans le choix des traitements nécessaires aux séropositifVEs, étant une question plus large de politique du système de fixation des prix des médicaments.

Un confort de vie amélioré : importance de la vie sociale, économique et affective des séropos

S’il n’existe pas à l’heure actuelle de données objectives sur l’amélioration de la qualité de vie et une diminution des effets indésirables, de nombreux malades affirment que cette dernière s’est améliorée. Ce que l’on peut affirmer c’est que dans le cadre du vieillissement des PVVIH réduire les polymédications est un enjeu important. Passer à une bithérapie ou à un traitement par intermittence peut aussi faire réapparaître des vieilles peurs des séropos : voir sa charge virale redevenir détectable, être potentiellement contaminantE à nouveau, ne plus prendre un seul comprimé par jour, etc. Les séropos qui se portent bien sont ceuxCELLES qui ont réussi à retrouver un équilibre social, familial, amoureux et médical. L’allègement thérapeutique doit être fait avec leur accord et l’argument économique du coût du traitement ne doit pas interférer dans la décision. Cet allègement thérapeutique doit amener à une plus grande vigilance médicale.Il semble également que passer à un traitement disponible sous forme générique serait audible par touTEs les séropos si les économies obtenues étaient reversées dans le budget alloué à la prise en charge des séropos afin de l’améliorer.

Les ActupienNEs revendiquent un allègement :

  • Dans un accord partagé par leA patientE et adapté à chaque patientE et sa volonté;
  • s’il y a refus, qu’il soit motivé auprès duDELA patientE ;
  • Où l’allègement par intermittence n’est pas d’emblée effacé par l’allègement par bi ou monothérapie ;
  • Proposé aux patientEs pour qui il peut être un bénéfice, peu importe l’académisme du médecin et ses a priori sur les séropos qui viennent d’Afrique subsaharienne, qui sont travailleurEUSEs du sexe, qui sont usagerEs de drogue, qui sont prisonnierEs, … ;
  • Où la prise en charge des comorbidités et leur dépistage n’est pas minimisé ;
  • Où le suivi social des séropos effectué par les associatifs concernéEs est financé à sa juste mesure par les pouvoirs publics, compte tenu de l’amélioration de la santé globale des séropos qui y ont accès ;
  • Dont l’argument économique du coût du traitement ne doit pas interférer
  • Où les franchises médicales sont supprimées, car ne plus prendre une trithérapie combo c’est avoir plusieurs boites de médicaments et donc multiplier les euros de franchise CPAM à la pharmacie.
  • Il ne s’agit pas seulement d’alléger le thérapeutique : il s’agit également d’acter un arrêt des discriminations dans la vie des séropos et une amélioration de leur situation sociale. C’est en ce sens que nous réaffirmons notre opposition aux Agences Régionales de Santé qui stoppent brutalement les financements associatifs portant sur le suivi social des séropos.Nous demandons également que les économies réalisées soient affectées à l’amélioration de la qualité de vie des séropos avec traçabilité des fonds.

* Rapport Morlat, Optimisation d’un traitement antirétroviral en situation de succès virologique https://cns.sante.fr/wp-content/uploads/2017/01/experts-vih_optimisation.pdf