Journée mondiale de lutte contre le Sida 2019

Les acteurICEs de prévention VIH/sida, associations exerçant dans le champ de la santé doivent d’abord détenir une agrémentation spécifique, lourde à obtenir, permettant de réaliser des tests rapides d’orientation diagnostique (TROD). C’est un frein à faire sauter !

Le Conseil National du Sida vient de pointer la nécessité d’améliorer le dépistage du VIH en France et préconise de renforcer la diffusion des autotests, notamment en permettant aux associations d’en proposer.

Selon les derniers chiffres sortis à l’occasion du 1er décembre, journée mondiale de lutte contre le sida, plus de 1700 personnes (sur les 6200 qui ont découvert leur séropositivité en 2018) étaient déjà à un stade avancé de l’infection.

Se faire dépister, plusieurs fois, est crucial, en plus de se protéger.

Pourtant tout est bloqué dans l’arrêté sur les autotests par le paragraphe liant distribution d’autotests et personnel associatif formé à l’utilisation des tests rapides d’orientation diagnostique de l’infection par les VIH 1 et 2. Connaître son statut sérologique, c’est se protéger en prenant un traitement efficace et ainsi protéger ses partenaires !

Les ActupienNEs, association de lutte contre le VIH/sida, exigent :

– que les autotests puissent être donnés par toute association de lutte contre le sida ou ayant une action dans le champ de la santé ;

– que la TVA sur les autotests soit définitivement à 5,5 %.

Avis de 31 associations de patientEs dans le cadre de la consultation publique organisée par la HAS sur l’extension aux garçons de la vaccination contre le papillomavirus

Avis co-signé par 31 associations de patientEs issues des contre le sida, contre le cancer, pour la santé sexuelle et les droits des LGBTQI+ : Les ActupienNEs, Actions Traitements, Afrique Avenir, Afrique Arc-En-Ciel Paris IDF AAEC, Bi’Cause, Centre LGBT ADHEOS, Centre LGBT Côte d’Azur, Centre LGBTI de Touraine, Centre LGBTQI+ Paris IDF, COREVIH Haut de France, COREVIH Ile de France Sud, COREVIH Paca Ouest Corse, Le Crips IDF, Le Crips Sud, ELCS, ENIPSE, l’Inter-LGBT, HF Prévention, Homoboulot, Lesbian and Gay Pride de Lyon, Pari-T, Le Patchwork des Noms, Le Planning Familial, Perspectives Contre Le Cancer, Les Petits Bonheurs, Les Sœurs de la Perpétuelle Indulgence – Couvent de Paname, Les Séropotes, Sida Info Service, Sol En Si, Turbulence MLV. 

Envoyé via le formulaire de la consultation publique de la HAS (https://www.has-sante.fr/jcms/p_3116022/fr/consultation-publique-recommandation-vaccinale-sur-l-elargissement-de-la-vaccination-contre-les-papillomavirus-aux-garcons#toc_1_6) le lundi 25 novembre 2019.

Comme nous l’expliquions déjà dans un courrier daté du 24 septembre 2018 à l’attention du Comité Technique des Vaccination et de sa présidente d’alors, Mme Elisabeth Bouvet, propos réitérés dans la tribune interassociative du 9 mai 2019 , rassemblant 46 signataires, dont Les ActupienNEs ont été à l’initiative, sans réponse de la part de la HAS, notre position sur la vaccination universelle se base sur plusieurs constations, à la suite desquelles suivent nos conclusions sur l’avis provisoire de la HAS.

Les pathologies causées par le papillomavirus humain ont un poids important sur la santé de la population française : 5 à 10 % de tous les cancers en France sont causés par ce virus toutes localisations confondues (utérus, anus, pénis, vulve, gorge, etc.). Outre les cancers, les verrues génitales, aussi appelées condylomes, pèsent sur les vies, compte tenu de leur caractère récidivant et des opérations invasives, douloureuses, répétées, à subir quand ceux-ci sont internes (utérus, anus).

Les personnes séropositifVEs au VIH plus touchées

La prévalence des HPV chez les séropositifVEs est bien plus grande que chez les séronégatifVEs. Les défenses immunitaires amoindries n’aident pas à la clearance, c’est-à-dire à l’élimination du virus des tissus. Pour exemple, chez les personnes séropositives, trois quarts des femmes, la moitié des hommes hétérosexuels et presque tous les gays sont porteurs de ce virus au niveau anal.

Les séropositifVEs développent plus facilement des condylomes et ces condylomes sont beaucoup plus envahissants. A peu près 1 séropositifVEs sur 4 développe des condylomes. Une fois traités les condylomes ont un risque important de récidives.

L’espérance de vie des personnes séropositifVEs a augmenté pour atteindre celle de la population générale grâce à l’arrivée des traitements antirétroviraux. D’autres pathologies se greffent à l’infection VIH, dont les cancers. Une personne porteuse du VIH a un risque plus fort de développer certains cancers.

Le cancer de l’anus est un cancer rare ayant une incidence annuelle de 1,5 pour 100 000 personnes dans la population générale. Les personnes séropositives ont un sur-risque estimé à 29 fois celui de la population générale. Le sous-groupe le plus à risque est celui des gays avec une incidence annuelle de 75 à 137 cancers pour 100 000 personne, soit 30 à 100 fois celle de la population. Par ailleurs, son âge de survenue est plus précoce en cas de séropositivité (45 ans contre 62 ans). Le cancer de l’anus est le 3e cancer chez les hommes et le 7e chez les femmes séropositives.

Chez les femmes séropos

Les femmes séropos nées avec un utérus ont deux à six fois plus de risque de développer un cancer du col de l’utérus compte tenu de la baisse de l’immunité. Aussi le diagnostic de cancer du col est posé 10 ans plus tôt chez les femmes séropositives que chez les femmes séronégatives.

Les femmes trans séropositives très exposées

Peu de données sont présentes dans la littérature scientifique sur les personnes trans, étant pourtant une population très touchée par le VIH.

Bien qu’on ne puisse pas comparer des données de cohortes aussi facilement, les 34% de présence de lésions anales chez les HSH séropositifs de la cohorte de l’hôpital Bichat sont bien loin des 73% de lésions anales présentes chez les femmes trans séropositives de la cohorte transgenre M→F de l’hôpital Ambroise Paré présentées à la conférence Afravih 2012. Il y a plus qu’un facteur deux.

En plus des HSH et des personnes séropositives, les femmes trans sont donc très touchées par les pathologies liées aux HPV, qu’elles soient séropositives ou non. Du fait de leur plus grande précarité, de leur non accès aux droits sociaux, de la violence qu’elles subissent, les femmes trans ont plus de difficulté à rentrer dans le système de soin et donc y arrivent avec une pathologie aggravée. Par ailleurs un grand nombre de femmes trans exercent le travail du sexe et rencontrent alors plus fréquemment des souches de HPV, en raison du nombre de partenaire élevé.

Chez les lesbiennes 

Les lesbiennes ont moins tendance à réaliser un suivi gynécologique, parfois à cause de mauvaises expériences avec ces praticienNEs. Elles se sentent moins concernées par l’infection à papillomavirus, à l’origine de la majeure partie des cancers du col de l’utérus. Mais ce n’est pas parce les rapports sexuels vaginaux avec les hommes cisgenres ne sont pas pratiqués que l’infection à papillomavirus n’est pas possible. Les contacts digitaux et uro-génitaux peuvent également transmettre l’infection. Une étude anglaise a montré que les lesbiennes étaient dix fois moins nombreuses à pratiquer un test dans les trois ans, alors que l’étude concluait qu’elles étaient autant à risque de développer un cancer du col que les femmes hétérosexuelles.

La trop faible couverture vaccinale française

Il a été clairement démontré l’efficacité de des vaccins Gardasil® et Cervarix® contre les lésions dues aux HPV chez les filles. En Australie grâce à une vaccination réalisée à l’école et chez le médecin généraliste, il a été observé en 2011 la quasi disparition des condylomes chez femmes de moins de 21 ans. Mais en France, la couverture vaccinale est très faible et recule. En 2009 la couverture vaccinale des filles de 14-16 ans ayant reçu un schéma complet en 3 doses était estimée à 31%, en 2012 elle était de 22,9 %. Ceci est dû à plusieurs facteurs dont des craintes d’effets secondaires largement médiatisés, craintes que des études ont invalidées. Le fait que l’activité sexuelle de la jeune fille soit mentionnée dans les premières recommandations de 2007 où la vaccination commençait à 14 ans n’a pas aidé. Pour pallier à cela, les recommandations ont changé en 2013 en abaissant l’âge de la vaccination à l’âge actuel de 11 ans, ce qui a permis de retirer la mention d’activité sexuelle. Enfin un dernier facteur est celui du vaccin exclusivement réservé aux filles. La sexualisation de ce vaccin ne participe pas à son adhésion par la population. Derrière cette vaccination des filles uniquement, il y a l’idée que les hommes seront protégés indirectement par les femmes vaccinées lorsqu’elles étaient jeunes filles. Cette idée fonctionne quand la couverture vaccinale des jeunes filles est importante, ainsi une immunité de groupe apparaît.

Les gains d’une vaccination des garçons en plus des filles

Face à la faible couverture vaccinale française, une remobilisation pour inciter à ce que les jeunes filles soient vaccinées ne sera pas suffisante pour constater une amélioration. La seule option possible est d’augmenter la population à vacciner, c’est-à-dire de vacciner également les garçons.

Par ailleurs d’un point de vue éthique, les hommes ne peuvent pas se protéger aujourd’hui et ne sont pas protégés. La situation actuelle fait reposer la responsabilité de la prévention seulement sur les filles, sachant que l’on parle d’une IST qui touche les deux sexes. Vacciner les garçons désexualisera la vaccination.

Recommandation de vaccination pour les HSH de moins de 26 ans – Les HSH non protégés contre les HPV

La protection des hommes de manière indirecte par les femmes oublie complètement la protection des gays et bi. C’est pour cela qu’en février 2016, le Haut Conseil en Santé Publique a recommandé qu’un accès au vaccin anti-HPV soit proposé dans les CeGIDD et dans les centres de vaccination aux hommes de moins de 26 ans qui ont des relations sexuelles avec d’autres hommes. Mais cette recommandation est vaine, car elle implique que les gays et les bi se sachant concernés par une recommandation aillent se faire vacciner de leur propre initiative. Il est rare en effet qu’un gay ou bi parle de son orientation sexuelle à un médecin, qui plus est quand il est adolescent auprès de son médecin de famille. De plus, on sait que la vaccination a sa plus grande efficacité quand la personne vaccinée n’a pas encore rencontré de virus HPV, c’est-à-dire quand elle n’a pas encore eu de rapport sexuel. Ainsi, il faudrait vacciner les gays et bi au cours de leur plus jeune âge. Un argument de plus pour vacciner tous les garçons au même âge que les filles. La recommandation le sait, c’est pour cela qu’elle précise « le bénéfice de cette vaccination sera d’autant plus important que le début de l’activité sexuelle sera récent et que le nombre de partenaires passés sera faible ». De plus, les centres de vaccination n’ont pas reçu de budget permettant d’acheter les vaccins. Ces centres n’en ont donc pas dans la pratique.

En tant  qu’associations de patientEs, nous revendiquons :

  • La mise en place au plus vite de la vaccination universelle, non genrée, pour touTEs, contre le HPV, quel que soit son genre, son sexe ou son orientation sexuelle, de 11 à 14 ans, avec un rattrapage jusqu’à 19 ans, dans le sillage des recommandations de la stratégie nationale de santé sexuelle, du Conseil Nationale du Sida, plusieurs PRS2 de régions, de l’Académie de Médecine.
  • Le remboursement de la vaccination à 100%, au lieu de 65% actuellement, pour lutter contre les freins liés à la vulnérabilité économique, dans le même sens que l’avis de l’Ordre des Pharmaciens en 2019 et du Comité d’orientation de la concertation citoyenne sur la vaccination présidé par le Pr Fisher en 2016.
  • La révision à la baisse du prix initial du vaccin Gardasil9, d’autant plus que sa cible sera élargie et qu’il est source de nombreux renoncements à la vaccination dû aux restes à charge importants dans un schéma à 2 ou 3 doses.
  • Maintenir et renforcer les campagnes de prévention grand public et communautaires, par l’État et les agences régionales de santé, avec la participation des associations dans leur élaboration.
  • La sensibilisation des professionnelLEs de santé, afin qu’ilELLEs proposent systématiquement la vaccination avec un schéma complet, notamment à l’école.
  • Renforcer, avec des financements propres, la vaccination dans les espaces les plus accessibles à une vaccination gratuite : CEGIDD et plannings familiaux, centres de vaccination, et étendre un accès au vaccin gratuit dans les centres de santé.

Nous ne pouvons plus attendre les retards successifs pris volontairement par la HAS considérant le sujet comme non prioritaire depuis sa saisine par la ministre de la santé et des solidarités en février 2018, elle-même qui tarda depuis son entrée en fonction en juin 2017 à actionner son administration.

Nous dénonçons la casse du principe d’expérimentation de la vaccination pour touTEs dans 3 régions par un amendement du gouvernement voté au sein du PLFSS 2019 qui le lie au rendu de l’avis de la HAS dont le retard a déjà occasionné le report à la rentrée scolaire 2020 des campagnes de vaccination dans les collèges en direction des garçons.

Ne pas établir maintenant une vaccination universelle, c’est permettre les futurs cancers de demain

De plus, cela permettrait pour les populations minoritaires et marginalisées :

De sortir la vaccination d’une vision binaire des genres et des corps, en ne faisant plus reposer la responsabilité de la prévention seulement sur les filles cisgenres, sachant que l’on parle d’une IST qui touche tout le monde.

De permettre aux hommes gays et bis, très exposés à ce virus et n’étant pas habitués à un suivi régulier par des urologues et des proctologues, d’être enfin protégés, puisque la seule vaccination des filles ne protégeait indirectement que les garçons hétéros.

De permettre aux personnes séropositives de mieux être protégées contre le papillomavirus en limitant sa circulation par une bonne couverture vaccinale. Ces personnes sont elles aussi très exposées au papillomavirus : sur-risque de développer un cancer de l’anus estimé à 29 fois celui de la population générale ; 2 à 6 fois plus de risques de développer un cancer du col de l’utérus pour les femmes séropos, avec un diagnostic de cancer du col posé 10 ans plus tôt que chez les femmes séronégatives.

De permettre aux personnes trans et aux personnes intersexes d’être mieux protégées contre le papillomavirus : en plus des gays et bis cisgenres et des personnes séropositives, les personnes trans sont très touchées par ces pathologies, qu’elles soient séropositives ou non, du fait de leur plus grande précarité, de leur non accès aux droits sociaux et de la fin du remboursement de la prise en charge gynéco des complications liées au HPV pour les hommes trans une fois obtenu leur changement d’état civil.

FICHE INFO n°1 : le risque cardio-vasculaire

Ce qu’est la pathologie :

Le risque cardiovasculaire est la probabilité de survenue d’une maladie ou d’un accident cardiovasculaire (maladies du cœur et des artères). Ce dernier est lié à l’existence de plusieurs facteurs qui peuvent être supprimés. Il est important de connaître son risque cardiovasculaire pour agir.

Chaque individu peut présenter un ou plusieurs facteurs de risque. Dans ce cas, il faut savoir que les facteurs de risque ne s’additionnent pas, mais ils se potentialisent, c’est-à-dire qu’ils s’aggravent l’un l’autre. On évalue pour chaque personne le « risque cardiovasculaire global ».

Il est important de connaître les facteurs de risque cardiovasculaire auxquels on est exposé et de ne pas les sous-estimer. S’il est impossible d’agir sur certains d’entre eux (âge, sexe…), plusieurs facteurs de risque peuvent être réduits ou supprimés (sédentarité, hypertension artérielle, surpoids…).

Quelques chiffres chez les séropos :

Chez les séropos, le risque de maladies cardio-vasculaires est 1,6 à 2 fois plus élevé qu’en population générale. Le risque d’infarctus du myocarde est 1,5 fois plus élevé.

L’augmentation du risque cardio-vasculaire peut être expliquée par :

  • une fréquence plus élevée de certains facteurs de risque habituels, tels qu’un tabagisme important et/ou la prise de substances psychoactives,
  • les effets de l’infection à VIH elle-même (inflammation, activité immunitaire, etc.),
  • les effets secondaires de certains ARV.

Évaluer le risque cardio-vasculaire :

L’infection à VIH est un facteur de risque cardio-vasculaire, dont il faut tenir compte pour l’évaluation du risque cardio-vasculaire, et la prise en charge des différents facteurs de risque associés.

Le niveau de risque cardiovasculaire global est évalué selon la classification européenne du risque cardiovasculaire, qui utilise les données de l’interrogatoire et l’outil SCORE (Systematic Coronary Risk Estimation). Ce risque est majoré par le niveau d’inflammation, liée à l’infection VIH, qui accélère les lésions vasculaires*.

Prévention et recommandations de prise en charge :

Des modifications du mode de vie sont recommandées en première intention, quel que soit le niveau de risque cardio-vasculaire**:

  • promouvoir une alimentation équilibrée et adaptée, au besoin, avec l’aide d’unE diététienNE,
  • promouvoir une activité physique régulière et une réduction du temps passé à des activités sédentaires,
  • entamer une démarche pour arrêter de fumer,
  • corriger d’éventuels facteurs de risque cardio-vasculaire : profil lipidique, hypertention artérielle, etc.

Hypertension artérielle :

La pression artérielle doit être contrôlée tous les ans chez toutes les séropos, avec les taux cibles appliqués en population générale.

La prise en charge des séropos hypertendues se base sur les recommandations en vigueur pour la population générale.

Avant de proposer un traitement antihypertenseur, le médecin doit vérifier le risque d’interaction avec le traitement antirétroviral, à partir des outils à disposition : logiciels d’aide à la prescription, tables spécifiques proposées par l’EACS. Ces interactions concernent principalement les inhibiteurs calciques. Elles peuvent être recherchées à partir du site https://www.hiv-druginteractions.org/

*https://www.portailvasculaire.fr/sites/default/files/docs/2017_has_risque_cardiovasculaire_fiche_memo.pdf
**https://www.portailvasculaire.fr/sites/default/files/docs/2017_has_risque_cardiovasculaire_modifications_mode_de_vie.pdf

L’instant prévention #BonnesRésolutions

Et si je me mettais au sport, et si je pratiquais une activité physique adaptée !

Qu’est-ce que l’activité physique ? Tout simplement, la réalisation de mouvements du corps par la contraction des muscles, augmentant ainsi la dépense énergétique.

Et l’activité physique ADAPTEE ?  Il s’agit de faire correspondre ces mouvements aux capacités, aux besoins et aux envies de la personne, notamment lorsqu’il s’agit d’une personne fragilisée comme une personne âgée, une personne en situation de handicap ou une personne malade.

Ce n’est pas du sport alors ? Non, dans la mesure où le sport est une activité physique associée à une performance ou à la compétition.

L’activité physique régulière est bénéfique pour le cœur, les os, le moral et diminue les risques de cancers et de maladies cardiovasculaires. C’est le médicament dont les séropos ont besoin.

Depuis le 1er mars 2017, en plus de son traitement au titre de l’ALD (Affection Longue Durée), les séropos peuvent bénéficier d’activités encadrées par des professionnelLEs forméEs. Une évaluation en début de démarche vous permettra de savoir quelle activité physique est adaptée à votre situation.

Pour vous y mettre, renseigner vous si votre comme propose un dispositif de sport santé ou contactez notre association amie Siel Bleu https://www.sielbleu.org/  

FICHE INFO n°2 : les troubles métaboliques (diabètes, dyslipidémies)

Ce qu’est la pathologie :

Les troubles métaboliques sont les perturbations du fonctionnement de l’organisme liées aux affections dues à l’accumulation dans les cellules de quantités anormalement élevées de substances normales ou pathologiques (lipides, glucides, calcium, etc.).

Les dyslipidémies (hypercholestérolémie, hypertriglycéridémie, …) constituent, avec le diabète, l’hypertension artérielle et le tabagisme, des facteurs de risque majeurs d’athérosclérose impliqués dans la survenue des maladies cardio-vasculaires (Cf Fiche n°1 des ActupienNEs), deuxième cause de mortalité en France. Ces facteurs de risque sont souvent associés notamment à l’obésité abdominale et aux facteurs comportementaux comme la sédentarité, une alimentation déséquilibrée, l’alcool ou le stress.

Quelques chiffres chez les séropos :

Les séropos ayant plus de 50 ans, ont une prévalence du diabète de 10% (Dat’aids, 2000-2013).

Les séropos présentent fréquemment des anomalies lipidiques ((hypercholestérolémie [LDL], hypertriglycéridémie), qui contribuent aux facteurs de risque cardio-vasculaires. Elles varient selon l’âge, l’état nutritionnel, le terrain génétique et l’état d’immunodépression, et peuvent être dues à certains antirétroviraux.

Aussi, Les lipodystrophies marquent encore les visages et silhouettes de ceuxCELLES qui ont connu et enduré les anciens traitements.

Les dyslipidémies :

La recherche d’une anomalie lipidique se fait dans le cadre de l’évaluation globale de risque cardio-vasculaire.

La réalisation de ce bilan est recommandée* par la HAS, tous les 5 ans. Il peut être plus fréquent, notamment 6 mois après tout changement de traitement ARV.

En présence d’anomalies lipidiques, plusieurs actions graduées sont proposées :

  • proposer des mesures hygiéno-diététiques comme en population générale,
  • mettre en place un traitement hypolipémiant,

Si le taux reste élevé malgré ces actions, l’avis du référent hospitalier infectiologue peut être requis, pour envisager de modifier le traitement antirétroviral, en lien, si besoin, avec l’instauration d’un traitement hypolipémiant.

Avant de proposer un traitement par statine, le médecin doit vérifier le risque d’interaction avec le traitement antirétroviral à partir des outils à disposition : logiciels d’aide à la prescription, tables spécifiques proposées par l’European AIDS Clinical Society.

Le diabète :

Le repérage et la prise en charge d’un diabète de type 2 et des risques de complications associées sont identiques à ceux en population générale**. La metformine est comme pour la population générale, le médicament proposé en première intention. Des interactions doivent être recherchées à partir du site https://www.hiv-druginteractions.org/

Diabète évaluez vos risques : https://contrelediabete.federationdesdiabetiques.org/le-test/

L’instant prévention #BonnesRésolutions
Bien manger, avoir une alimentation équilibrée

« Vous êtes ce que vous mangez », dit le dicton. Une bonne nutrition peut vous aider à rester en bonne santé et à prévenir les maladies qui se greffent au sida. Les séropos qui obtiennent les nutriments dont elles ont besoin tombent malades moins souvent, sont plus fortEs et jouissent d’une meilleure qualité de vie.

Nous savons depuis plusieurs décennies que la nutrition joue un rôle important dans l’immunité et qu’elle influe sur la capacité du système immunitaire à répondre aux infections. Les problèmes nutritionnels sont fréquents chez les séropos. De fait, presque tous les séropos auront de la difficulté à maintenir une bonne nutrition à un moment donné.

De plus, les besoins nutritionnels des séropos sont plus importants parce que leur corps doit travailler fort pour dompter l’infection.

Moins boire de soda, plus manger de fruits et légumes, plus cuisiner soi-même est un bon début, aux bénéfices importants. Aussi avoir recours aux conseils d’unE dététicienNE peut être utile.

Attention certains compléments alimentaires ou remèdes alternatifs peuvent entrer en interaction avec les antirétroviraux et réduire ainsi l’action sur le contrôle du virus. Il faut éloigner leur prise de la prise des antirétroviraux et en parler avec son médecin.

FICHE INFO n°3 : le risque pulmonaire (BPCO, cancer broncopulmonaire)

Ce qu’est la pathologie :

Outre le cancer du poumon, les séropos peuvent développer une BronchoPneumopathie Chronique Obstructive. La BPCO est une maladie pulmonaire inflammatoire qui entraîne une « obstruction » des voies respiratoires. Le calibre des bronches se rétrécit du fait de la présence, en quantité anormale, de sécrétions et de l’épaississement de leurs parois.

Elle se caractérise par l’association d’une bronchite chronique, c’est-à-dire des bronchites à répétition avec toux et crachats au moins 3 mois par an pendant 2 années consécutives, et par une diminution progressive du souffle conduisant à un essoufflement au moindre effort.

Progressivement les activités de tous les jours, comme monter un escalier ou porter une valise, peuvent devenir difficiles.

À ce jour on ne sait pas guérir la BPCO. Les prises en charge tentent de stopper la progression de la maladie et de soulager les symptômes. Les vaccins anti-pneumococciques  tous les 5 ans et anti-grippaux tous les ans sont aussi un moyen pour limiter la survenue des bronchites répétées et l’aggravation de la maladie.

Quelques chiffres chez les séropos :

Le cancer bronchopulmonaire est 2,5 plus fréquent qu’en population générale, et d’apparition plus précoce (50 ans en moyenne contre 65 ans). Il est essentiellement dû à une surconsommation de tabac et de cannabis. Il est également corrélé à la baisse des CD4.

Les séropos sont pour la plupart fumeurEUSEs (entre 50 et 60% contre 20 à 30% de la population). De même la BPCO touche plus les séropos et pourrait être lié à un excès de facteurs de risque tels que la consommation de tabac, de cannabis, ou aux antécédents d’infections bronchopulmonaires dont la pneumocystose.

Repérer un cancer bronchopulmonaire :

Le diagnostic du cancer bronchopulmonaire chez les séropos est souvent fait à un stade avancé, comme pour la population générale. Le groupe d’experts sur la prise en charge du VIH recommande de rechercher par tomodensitométrie (TDM) un cancer bronchopulmonaire chez les séropos devant toute symptomatologie thoracique suspecte (toux persistante, hémoptysie, douleur…) ou altération de l’état général (notamment un amaigrissement).

Évaluer le risque de BPCO :

Le repérage et la prise en charge de la BPCO chez le séropos sont identiques à ceux de la population générale*. Les professionnels de santé doivent penser à la BPCO y compris chez l’adulte jeune et poser la question des facteurs de risque au premier rang desquels figure le tabagisme.

Les circonstances de découverte peuvent être : le suivi d’une bronchite chronique, l’apparition d’un des symptômes de la BPCO ou une exacerbation, identifiés par le médecin ou par d’autres professionnels : pharmacien, infirmier(e), kinésithérapeute.

Le diagnostic de BPCO repose sur la mise en évidence du trouble ventilatoire obstructif par une mesure du souffle avec un spiromètre.

Faites le test : aurais-je une BPCO ? https://www.has-sante.fr/upload/docs/application/pdf/2014-06/questionnaire_depistage_bpco_gold_web.pdf

Vérifier les interactions entre le traitement ARV et certains corticostéroïdes :

Afin de minimiser le risque de syndrome de Cushing et de perturbation de la fonction surrénale, la béclométhasone doit être privilégiée en cas de traitement de BPCO par corticoïdes inhalés chez les sujets recevant des antirétroviraux inhibiteurs des cytochromes (ritonavir, cobicistat).

Les intéractions peuvent être recherchées à partir du site https://www.hiv-druginteractions.org/

Par ailleurs, le traitement du cancer bronchopulmonaire est le même que pour les séronégatifVEs.

* recommandations du guide du parcours de soins BPCO de la HAS, https://www.has-sante.fr/upload/docs/application/pdf/2012-04/guide_parcours_de_soins_bpco_finale.pdf

L’instant prévention #BonnesRésolutions

Entamer une démarche pour arrêter de fumer

Pour arrêter de fumer, la volonté seule ne suffit pas toujours… On doit pouvoir compter sur des conseils, des outils. Près de 6 fumeurs sur 10 ont envie d’arrêter, selon Tabac Info Service. Il est préférable d’être accompagné et soutenu en période de sevrage. Votre médecin traitant, le tabacologue, mais aussi votre entourage peuvent vous aider à maintenir le cap.

Et si vous rejoigniez un groupe de parole ? Au-delà du lien avec votre médecin ou votre tabacologue, il existe des groupes de soutien dans la plupart des Centres de soins, d’accompagnement et de prévention en addictologie (Csapa) et dans certaines associations.

Nous vous conseillons le guide de notre association amie, Actions Traitements, Se libérer du tabac quand on vit avec le VIH, https://www.actions-traitements.org/wp-content/uploads/2014/06/Se-lib%C3%A9rer-du-tabac-quand-on-vit-avec-le-VIH.pdf

FICHE INFO n°4 : les co-infections par les virus des hépatites

Ce qu’est la pathologie :

L’accès universel aux nouveaux traitements pour le VHC a permis d’améliorer leur prise en charge, abaisser les effets secondaires et augmenter les taux de guérison. Pour autant, la co-infection par le VIH majore le risque de fibrose hépatique. Par ailleurs, il demeure des risques d’interactions médicamenteuses avec certains traitements antirétroviraux (IP et inhibiteurs de la NS5A), et le risque de recontamination suite à une nouvelle exposition après traitement d’un VHC arrive fréquemment.

D’autre part, même en cas de stabilité immunologique, le risque d’évolution vers un hépatocarcinome (cancer du foie) est supérieur chez les séropos.

Rappel : l’hépatite B se transmet par contact avec le sang ou d’autres fluides corporels provenant d’une personne infectée, dont les sécrétions vaginales et le sperme.

Contrairement à l’hépatite B, il n’existe pas de vaccin contre l’hépatite C. Elle peut être transmise en cas de contact entre le sang et / ou le sperme et / ou les sécrétions rectales et une muqueuse lors d’un rapport sexuel non protégé. Ces dernières années, les rapports sexuels non protégés sont devenus le mode de transmission le plus fréquent en Europe et concernent particulièrement les gays, bi et autres HSH, notamment ceux ayant des pratiques de fist non protégé ou mal protégé où les contacts avec du sang peuvent être plus fréquents. L’usage systématique des préservatifs et de gants à usage unique (pour les fists) évite la transmission du VHC, du VIH et autres IST.

Quelques chiffres chez les séropos :

Les co-infections par les virus des hépatites VHC, VHB et VHD sont plus fréquentes chez les séropos qu’en population générale (entre 16,5 et 19 % versus 0,75 % pour le VHC, 7 % versus 0,65 % pour le VHB et 12 % versus 4 % pour le VHD chez les co-infectées VHB).

Prévention et recommandations de prise en charge :

Le dépistage des hépatites est effectué de façon systématique lors du bilan hospitalier avec l’infectiologue. Les principaux points d’attention sont :

  • la promotion de l’usage du préservatif et des gangs pour la pratique du fist, notamment compte tenu du risque de réinfection par le VHC,
  • le risque d’interaction entre les antirétroviraux VIH et le(s) traitement(s) pour les hépatites,
  • l’effet potentiel du traitement antirétroviral VIH sur le VHB en cas de co-infection avec le VHB, ainsi le Ténofovir, ayant une double activité sur le VIH et les hépatites, doit être privilégié,
  • la nécessité d’un suivi au long cours en présence d’une fibrose ou une hépatopathie compte-tenu du risque d’hépatocarcinome (cancer du foie),
  • la vaccination de l’entourage pour l’hépatite A et l’hépatite B qui doit être favorisée, notamment en cas d’hépatite B chronique.

Il convient de favoriser la vaccination anti-VHA, anti-VHB (cf. vaccinations) pour les personnes non protégées et contrôler son efficacité par le titrage des anticorps 1 à 2 mois après la réalisation du schéma vaccinal. La diminution de la réponse immunitaire attendue suite à un vaccin chez les séropos peut justifier des schémas vaccinaux particuliers à discuter avec le médecin infectiologue.

Évaluer et prendre en charge l’atteinte hépatique :

En l’absence de fibrose hépatique, la prise en charge des hépatites (VHC et VHB) est la même qu’en population générale.

La surveillance de la fibrose doit être effectuée, même après traitement du VHC.

Chez les PVVIH co-infectées VIH-VHC et/ou VIH-VHB, l’évaluation de la fibrose est effectuée tous les 12 mois par biopsie ou méthode non invasive.

Évaluer le risque du cancer du foie :

Une échographie est proposée tous les 6 mois aux séropos pré-cirrhotiques ou cirrhotiques, et/ou co-infectées par le VHB avec facteurs de risque (ADN VHB > 2 000 UI/mL, et âgées de plus de 50 ans ou originaires d’Asie ou d’Afrique subsaharienne). Elle peut être associée au dosage d’alpha-fœto-protéine.

En présence d’une infection VHB contrôlée et en l’absence de cirrhose, la fréquence d’examen est abaissée (échographie tous les 3 à 4 ans).

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Vaccinations des personnes séropositives

Il est préférable de vacciner lorsque la charge virale VIH est indétectable et si possible quand le taux de CD4 est supérieur à 200/mm3, pour que la réponse immunitaire attendue par la vaccination soit la meilleure.

L’intérêt de vacciner les adultes séropos contre le papillomavirus Humain n’est pas certain, du fait d’avoir déjà été à coup sûr en contact avec le virus dans leur vie sexuelle et de la moins bonne réponse immunitaire. Il est tout de même préférable de se faire vacciner contre.

Vaccin des séropos
(recommandation)
Nombre de doses et intervalles entre les injections
Hépatite A
(vaccination des HSH, des co-infectéEs, des personnes ayant une atteinte hépatique, des voyageurs à destination d’une zone
d’endémie du VHA )
1 dose suivie d’une dose de rappel 3 à 12 mois plus tard.
Hépatite B
(Vaccination de tous les séropos)
4 doses, en respectant un intervalle :
1 mois entre la 1ère et la 2ème dose,
1 mois entre la 2ème et la 3ème dose
4 mois entre la 3ème et la 4èmedose.
Papillomavirus humain
(Recommandé seulement aux HSH de moins de 26 ans…)
Schéma à 3 doses avec GARDASIL9® : 1 dose, puis la 2ème dose deux mois plus tard, puis la 3ème dose trois mois plus tard.
Vaccination des jeunes filles et garçons entre 11 et 19 ans comme dans la population générale.
Méningocoque C
(Vaccination de toutes les personnes de moins de 25 ans n’ayant pas été vaccinées durant les premières années de vie)
1 dose unique
Grippe saisonnière pour les séropos1 dose tous les ans
Pneumocoque pour les séropos 1 dose, puis une 2ème dose 8 semaines à 1 an après,
1 dose de rappel tous les 5 ans
Diphtérie, tétanos,
poliomyélite et coqueluche
Rappel à faire tous les 10 ans
Le vaccin BCG est contre-indiqué quel que soit le niveau de lymphocytes T.CD4 (CD4).
La vaccination par des vaccins vivants (Rougeole-oreillonsrubéole, varicelle, fièvre jaune) est réalisable pour toutes les séropos, en cas de taux de CD4 > 200/mm3

FICHE INFO n°5 : le risque rénal

Ce qu’est la pathologie :

Lorsque les reins ne fonctionnent pas correctement, notre organisme est petit à petit empoisonné par les déchets qui ne sont plus éliminés. En cas d’insuffisance chronique, cette atteinte rénale est progressive d’où la nécessité d’agir au plus vite.

Quelques chiffres chez les séropos :

Le risque rénal est multiplié d’un facteur de risque de 5 à 10 chez les séropos, comparé à la population générale, qu’il s’agisse d’insuffisance rénale chronique ou aiguë.

La prévalence des néphropathies a diminué depuis l’utilisation des antirétroviraux hautement actifs. Cependant, le nombre de nouveaux cas reste stable, du fait d’atteintes rénales liées :

  • aux comorbidités cardio-vasculaires et métaboliques,
  • au vieillissement de la population de séropos,
  • à l’infection par le VIH elle-même,
  • à un déficit immunitaire éventuel associé,
  • à l’impact de l’exposition cumulée et prolongée à certains antirétroviraux, il s’agit notamment du Ténofovir, et de l’Atazanavir.

Prévention et recommandations de prise en charge :

Le risque d’atteinte rénale justifie la nécessité d’évaluer de façon régulière la fonction rénale des séropos.

Chez toutes les séropos, un bilan rénal est effectué une fois/an, à partir des recommandations de la HAS en population générale : créatininémie et mesure du DFG, bilan biologique sur échantillon urinaire (protéinurie, rapport albuminurie/créatininurie).

Le bilan est également effectué pour tout changement de traitement antirétroviral, lors d’une exposition à un traitement néphrotique, et tous les 6 mois en cas d’au moins deux facteurs de risque rénal.

Prendre en compte les spécificités de certains traitements antirétroviraux :

Certains traitements ARV peuvent avoir un impact sur le DFG ou être responsables de lithiases et nécessitent des examens complémentaires :

  • Ténofovir : réaliser une phosphorémie à jeun et une glycosurie lors du bilan bilogique, après 2 à 4 semaines de traitement et tous les 3 à 6 mois en l’absence de risques rénaux.
  • Atazanavir : prévenir les risques de lithiases en rappelant les consignes d’hydratation lors de chaque consultation.

En cas d’anomalie, le recours au néphrologue est recommandé en cas de doute sur la nature de la maladie rénale ou de nécessité d’examens spécialisés.

Le référent hospitalier sera également contacté en cas de bilan anormal, pour une éventuelle modification de dose de traitement antirétroviral.

L’instant prévention #BonnesRésolutions

S’occuper de sa santé mentale et repérer d’éventuels troubles cognitifs

Le VIH est un virus qui atteint le système nerveux centrale dès le début de l’infection, pouvant être facteur de déclin cognitif, particulièrement lorsque sa réplication virale n’est pas contrôlée. Le fonctionnement cognitif des séropos peut également être impacté par certaines maladies qui se greffent au sida, et peut lui-même avoir un impact sur l’adhésion au traitement.

Une dégradation de l’état psychique est également retrouvée chez les séropos (13 % ont connu un épisode dépressif majeur), avec un risque accru de décès par suicide par rapport à la population générale (rapport allant de 1 à 7,4).

Le sur-risque est encore plus important pour les gays, bi et autres HSH, dont 49 % ont vécu un épisode dépressif au cours de leur vie, et 19 % d’entre eux ont fait au moins une tentative de suicide au cours de leur vie, soit 5 fois plus que dans la population générale.

Il ne faut pas hésiter à aller voir un psy. Bon à savoir : les centres médico-psychologiques (CMP) proposent des séances gratuites pour des étudiants ou des personnes à faible niveau de ressources.

Un test de repérage des troubles cognitifs peut être proposé par le médecin aux personnes qui présentent des facteurs de risque cognitif :

  • liés à l’infection virale (nadir de CD4 < 200/mm3, antécédents d’infections opportunistes du SNC, mauvaise adhésion au traitement, charge virale plasmatique détectable),
  • liés à la personne (âge > 50 ans, co-infection par le VHC, facteurs de risque vasculaire, consommation de substances psychoactives, troubles psychiatriques, syndrome d’apnées du sommeil),
  • en cas de plainte cognitive (difficulté à trouver ses mots, efforts pour des activités antérieurement maîtrisées).

FICHE INFO n°6 : le risque de cancers liés au papillomavirus humain

Ce qu’est la pathologie :

L’infection à HPV est l’infection sexuellement transmissible la plus fréquente, un contact de doigts suffi pour la faire passer d’une muqueuse à l’autre. L’usage du préservatif ne permet pas de se protéger totalement et efficacement des HPV, mais rappelons qu’il protège des autres IST. On rentre souvent en contact avec les HPV dès son premier rapport sexuel.

Une centaine de génotypes du virus HPV existent. Il y en a qui sont la cause de verrues génitales aussi appelées condylomes (HPV de type 6 et 11 notamment) et d’autres qui sont responsables de dysplasies, productions de tissus anormaux, sources de cancers (HPV de type 16 et 18 en grande majorité).

Quelques chiffres chez les séropos :

La prévalence des HPV chez les femmes et les gays est comparable. Celle chez les séropositifVEs est bien plus grande que chez les séronégatifVEs. Les défenses immunitaires amoindries n’aident pas à la clearance, c’est-à- dire à l’élimination du virus des tissus.

Pour exemple, chez les personnes séropositives, trois quarts des femmes, la moitié des hommes hétérosexuels et presque tous les gays sont porteurs de ce virus au niveau anal. La co-infection par plusieurs sérotypes de HPV concerne près de 2/3 des séropos. De même les séropositifVEs développent plus facilement des condylomes et ces condylomes sont beaucoup plus envahissants. A peu près un séropositifVE sur quatre développe des condylomes. Une fois traités les condylomes ont un risque important de récidives. Ces dernières surviennent bien plus souvent chez les séropositifVEs comparé aux séronégatifVEs.

Les séropos ont 20 fois plus de risque de développer un cancer du col de l’utérus et 29 fois plus de risques d’être touchéEs par le cancer du canal anal que la population générale.

Prévention et recommandations de prise en charge :

Suivi proctologique des séropos Pour les séropositifVEs ayant des rapports anaux réceptifs, des condylomes ano-génitaux ou des antécédents de condylomes, et les femmes ou personnes ayant un utérus avec un antécédent de dysplasie ou de cancer du col, un suivi se fait par anuscopie classique à l’œil nu, dont La périodicité est fonction du bilan initial : en cas d’anomalie sur le bilan initial, la périodicité du suivi est au minimum annuel,en l’absence d’anomalie, il appartiendra au médecin (gastro-entérologue/proctologue) de définir la périodicité du dépistage qui ne devra néanmoins ne pas excéder deux ans.
Suivi gynécologique des séropos (Femmes cisgenres & personnes trans ou inter ayant un utérus) Un dépistage par frottis lors de la découverte de la séropositivité, puis le rythme des frottis suivants sera établi au cas par cas : s’il n’y a pas eu d’antécédents de dysplasies et que le frottis initial est normal, il est recommandé un frottis annuel pendant 3 ans, puis si ces trois frottis ont été normaux, sous réserve d’une charge virale contrôlée et d’un taux de CD4 > 500/mm3, le frottis est réalisé tous les 3 ans, au même rythme que les personnes séronégatives.dans les autres situations le frottis doit être réalisé tous les ans. Le dépistage du cancer du col doit être poursuivi au-delà de 65 ans chez toutes les personnes séropositives, contrairement à la population générale.

Recommandations vaccinales contre le papillomavirus humain :

Personnes à vaccinerGarçons et jeunes filles entre 11 et 19 ans infectéEs par le VIH Gays, bis & autres HSH de moins de 26 ans
Schéma vaccinal avec Gardasil 9®3 doses : deux mois entre la 1ère et la 2ème injection, quatre mois entre la 2ème et la 3ème injection3 doses : deux mois entre la 1ère et la 2ème injection, quatre mois entre la 2ème et la 3ème injection
Où se faire vaccinerLa vaccination peut être réalisée par un médecin, un infirmier (sur prescription médicale) ou une sage-femme, en libéral, à l’hôpitalLa vaccination peut être réalisée par un médecin, un infirmier (sur prescription médicale) ou une sage-femme, en libéral, à l’hôpital
Prix121,41 € l’injection
Remboursement par l’assurance maladie à hauteur de 65%. Voir la part prise en charge de votre complémentaire santé si vous en avez une.
Elle peut se faire gratuitement dans un CeGIDD, un centre de planification familiale et certains centres de vaccination publics.
121,41 € l’injection
Remboursement par l’assurance maladie à hauteur de 65%. Voir la part prise en charge de votre complémentaire santé si vous en avez une.
Elle peut se faire gratuitement dans un CeGIDD, un centre de planification familiale et certains centres de vaccination publics.

Les ActupienNEs ont produit une brochure d’information spécifiquement sur le HPV. Pour approfondir le sujet : https://lesactupiennes.fr/brochure-les-lgbti-et-seropos-face-au-hpv

L’instant prévention #BonnesRésolutions

Et si je reprenais une vie sans produits lors du sexe !

Le terme « chemsex » désigne un ensemble de pratiques qui consistent à consommer des produits psychoactifs (essentiellement des stimulants) dans le cadre sexuel, le plus souvent lors de sessions de sexe en groupe organisées et planifiées.

Au-delà des contaminations par le VIH, le VHC, le VHB ou d’autres IST, les principaux problèmes rencontrés par les personnes dans le chemsex sont :

  • à court terme : les intoxications aigües, les mauvaises descentes avec les produits psychoactifs, les abcès et les plaies liés à l’injection, les interactions entre drogues et antirétroviraux,
  • à moyen et long termes : la perte de la maîtrise des consommations et l’addiction, la désocialisation et la restriction du champ d’intérêt, la dégradation de la santé psychique, la décompensation de maladies psychiatriques.

Au-delà du suivi des IST et de la prise en charge des problématiques addictives, le soutien psychologique est très utile dans la prise en charge des usagers en situation de désocialisation, de mal-être ou de souffrance psychique.

Il est préférable de s’orientation en priorité vers les dispositifs et les professionnels qui se sont spécialisés sur ces questions (offre qui existe à Paris et dans d’autres grandes villes).

Pour plus d’infos, n’hésitez pas à consulter la liste des lieux prenant en charge les personnes concernées par le chemsex, mise à disposition par notre association amie, Enipse Prévention Santé, https://www.enipse.fr/chemsex/

FICHE INFO n°7 : le risque des autres cancers

Ce qu’est la pathologie :

Les cancer sont des maladies provoquées par la transformation de cellules qui deviennent anormales et prolifèrent de façon excessive. Ces cellules déréglées finissent par former une masse qu’on appelle tumeur maligne.

L’espérance de vie des personnes séropositifVEs a augmenté grâce à l’arrivée des traitements antirétroviraux, mais d’autres pathologies se greffent à l’infection VIH, dont les cancers. Une personne porteuse du VIH a un risque plus fort de développer certains cancers : le virus affaiblit le système immunitaire, qui peut moins bien lutter contre les infections susceptibles de provoquer le cancer.

Certains cancers sont plus présents chez les séropos qu’en population générale, notamment le cancer anal, le cancer bronchopulmonaire, le cancer cutané et la maladie de Hodgkin.

Quelques chiffres chez les séropos :

Les séropos sont plus touchéEs que la population générale par les cancerss. C’est même la première cause de mortalité chez euxELLES. 36% des décès des séropos sont dus aux cancers.

Les séropos ont :

  • 2,5 fois plus de risque que la population générale d’avoir un cancer du bronchopulmonaire,
  • 20 fois plus de risque de développer un cancer du col de l’utérus,
  • 29 fois plus de risques d’être touchéEs par le cancer du canal anal,
  • 7 fois plus de risques de développer un cancer du foie,
  • 2 fois plus de risques de développer un cancer de la peau,
  • 100 fois plus de risque de développer un lymphome non Hodgkinien que la population générale.

Il est à noter que chez les séropos en succès virologique (avec une charge virale contrôlée et des CD4 en nombre), le sarcome de kaposi refait actuellement son apparition sans que l’on ne puisse l’expliquer.

Prévention et recommandations de prise en charge :

Le repérage d’un cancer est le même qu’en population générale,avec toutefois une vigilance particulière pour ceux présentant un risque accru pour les séropos (cancer de l’anus, lymphomes, cancers bronchopulmonaires, cancer du foie, cancers cutanés et cancers dus à une infection à papillomavirus humain).

Repérer un cancer cutanéo-muqueux :

La réalisation d’un examen annuel de repérage d’un cancer cutanéo-muqueux est recommandée par les experts, pour tous les séropos, indépendamment de la charge virale et du taux de CD4 : examen* systématique de la peau et des muqueuses, comme recommandé en population générale, en cas de facteurs de risque.

L’examen est réalisé tous les 6 mois, comme en population générale, à partir des recommandations de la HAS et de l’INCa**, en cas de lésion suspecte ou pour les sujets à risque : phototype cutané de type I ou II, antécédents de coups de soleil, dommages actiniques, antécédents personnels ou familiaux de mélanome cutané.
En cas de suspicion de cancer cutané, la conduite à tenir est identique à celle en population générale.

Repérer un lymphome :

Les lymphomes représentent la deuxième cause de décès par cancer chez les séropos, particulièrement en ce qui concerne les lymphomes non hodgkiniens, même si leur incidence a diminué.
Il existe un risque accru de maladie de Hodgkin de 10 à 20 fois par rapport à la population
générale qui perdure depuis les derniers traitements antirétroviraux.

Il n’existe pas de dépistage spécifique chez les séropos, il est celui recommandé pour la population générale. Il convient d’effectuer une palpation des aires ganglionnaires une fois/an.
Devant les signes évocateurs, notamment gonflement des ganglions lymphatiques persistant inexpliqué, le référent hospitalier doit être rapidement contacté.

D’autres cancers, fréquents, doivent être dépistés comme en population générale : cancer du sein, de la prostate, de la cavité buccale, cancer colorectal.

Concernant les cancers liés au papillomavirus humain, le cancer du foie et le cancer bronchopulmonaire, pour plus d’informations sur les recommandations et la prise en charge, vous pouvez vous reporter aux fiches-info dédiées des actupienNEs.

Prise en charge en cas de cancer :

La prise en charge est la même qu’en population générale, en tenant compte, toutefois, des risques d’interactions : entre le traitement antirétroviraux et les médicaments antinéoplasiques, entre un traitement antirétroviral et certains antalgiques.

Comme en population générale une RCP (Réunion de Concertation Pluridisciplinaire) doit être organisée pour discuter de la stratégie thérapeutique.

* https://www.e-cancer.fr/Expertises-et-publications/Catalogue-des-publications/Detection-precoce-des-cancers-de-la-peau-Medecins-generalistes

** https://www.has-sante.fr/jcms/c_1354947/fr/actualisation-de-la-revue-de-la-litterature-d-une-recommandation-en-sante-publique-sur-la-detection-precoce-du-melanome-cutane

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Le dépistage régulier des IST

Le dépistage de la syphilis, ainsi que celui de Chlamydia et gonocoque, est réalisé tous les 3 à 6 mois chez les séropos ayant des partenaires multiples.

Concernant le VHC, une surveillance sérologique régulière tous les 6 à 12 mois est à faire chez les séropos dont l’exposition au risque existe. De même, en l’absence de séroprotection via vaccination, une surveillance sérologique régulière tous les 6 à 12 mois est faite lorsque l’exposition au risque existe pour le VHB.

L’usage du préservatif est nécessaire pour éviter les contaminations par les IST.

FICHE INFO n°8 : le risque d’ostéoporose

Ce qu’est la pathologie :

L’ostéoporose est définie par l’OMS comme une maladie diffuse du squelette caractérisée par une faible masse osseuse et une détérioration qualitative et quantitative de l’architecture du tissu osseux. L’ostéoporose se développe en général d’une façon diffuse mais hétérogène sur le squelette, plus ou moins marquée selon les os. Les os les plus susceptibles de se fracturer sont ceux de la hanche, des vertèbres et des poignets. Les fractures font toute la gravité de cette maladie, reconnue comme problème de santé publique.

Quelques chiffres chez les séropos :

Les personnes séropositives au VIH sont plus sujettes à l’ostéoporose du fait de l’infection au VIH, des traitements antirétroviraux et de facteurs de risques spécifiques. Le virus agit directement sur les cellules osseuses en déréglant leur activité, dérégulation également du métabolisme de la vitamine D cette fois-ci du fait des traitements antirétroviraux. Parmi les antirétroviraux, les inhibiteurs de protéases et la molécule tenofovir sont plus particulièrement connus pour cela. L’inflammation constante, à bas bruit, due à l’infection favoriserait également l’ostéoporose.

La prévalence de l’ostéoporose est plus élevée qu’en population générale*, y compris chez les femmes ménopausées infectées, chez lesquelles elle peut atteindre 42 % (versus 23 %).

Certains facteurs de risque sont retrouvés de façon spécifique. Il s’agit des co-infections par le VHC, et/ou d’immunodépression (nadir de CD4 < 200/mm3).

Les autres facteurs de risque d’ostéoporose sont ceux retrouvés en population générale : âge > 50ans, sexe féminin, antécédents familiaux, inactivité physique, carence vitamino-calcique, tabagisme, alcoolisme, faible poids et IMC bas, ménopause, pathologies ou traitements inducteurs d’ostéoporose.

Évaluer le risque d’ostéoporose :

La Densité Minérale Osseuse (DMO) est mesurée par un examen non invasif, se réalisant en quelques minutes : l’ostéodensitométrie (imagerie obtenue par absorptiométrie biphotonique à rayons X).

Son résultat est exprimé par le T-score, écart entre la densité osseuse mesurée et la densité osseuse théorique de l’adulte jeune de même sexe, au même site osseux (rachis lombaire, extrémité fémur ou poignet) :
T-score > -1 : densité normale
-2,5 < T-score ≤ -1 : ostéopénie
T-score ≤ -2,5 : ostéoporose (dite sévère en cas de fracture)

L’ostéodensitométrie est un examen clé, mais ses indications sont limitées aux personnes présentant des facteurs de risque d’ostéoporose (acte remboursé à 70 % sur la base d’un tarif fixé à 39,96 €, deux fois dans la vie, sur prescription médicale).

Prévention et recommandations de prise en charge :

Les indications de l’ostéodensitométrie pour un premier examen dans la population générale (quels que soient l’âge et le sexe) concernent la femme ménopausée et/ou ayant des antécédent de fracture du col fémoral sans traumatisme majeur chez un parent au 1 er degré, ayant un indice de masse corporelle < 19 kg/m2, ayant été ménopausée avant 40 ans quelle qu’en soit la cause.

Les séropos ont les mêmes recommandations que la population générale concernant l’ostéodensitométrie, à la différence près qu’en raison des facteurs de risque spécifiques, augmentant le risque global d’ostéoporose pour les séropos, le groupe d’experts de la prise en charge du VIH recommandent d’élargir les indications de l’ostéodensitométrie, à l’homme séropositif de plus de 60 ans, ou de moins de 60 ans avec un IMC < 20 kg/m2.

Si une ostéopénie ou une ostéoporose est présente, dans tous les cas, la prise en charge commence par corriger une éventuelle carence en calcium et/ou en vitamine D, par ajustement des apports alimentaires et/ou apport par prescription médicamenteuse de calcium et vitamine D (1 000 mg/j). L’arrêt du tabac est préconisé aussi.

Une modification du traitement antirétroviral doit être proposée aux patients traités par tenofovir et/ou inhibiteur de protéases.

Il existe des traitements spécifiques de l’ostéoporose. L’indication et le choix du traitement est à discuter en fonction de l’âge, du statut hormonal (ménopause), de l’évolutivité de l’ostéoporose, du siège de l’ostéoporose (col ou rachis) et des résultats des examens de sang. Les traitements oraux peuvent donner des troubles digestifs (nausées, diarrhée) et se prennent à jeun, en général une fois par semaine ou une fois par mois.

Concernant la prescription médicamenteuse de calcium et vitamine D, ne pas oublier de vérifier qu’il n’y a pas d’interactions médicamenteuses à partir du site https://www.hiv-druginteractions.org/

Les ActupienNEs ont produit une brochure d’information spécifiquement sur le HPV. Pour approfondir le sujet : https://lesactupiennes.fr/sida-on-la-dans-los%ef%bb%bf 

*https://www.has-sante.fr/portail/upload/docs/application/pdf/prevenir_fractures_osteoporose.pdf

L’instant prévention #BonnesRésolutions

Ma santé passe aussi par mon accès aux droits sociaux

Le rejet social et affectif, le temps passé à nous soigner, nous condamnent, nous séropos, à la précarité, nous contraignant à vivre aux minima sociaux.  La « pauvreté en conditions de vie » touche près du tiers d’entre nous contre 13% de la population générale (enquête Vespa 2). La proportion de propriétaires de logement reste très inférieure à celle rapportée en population générale (respectivement 32 % contre 58 %) (rapport Morlat). 

Pour avoir accès à ses droits sociaux (louer un logement, aides au logement, allocation adulte handicapé, couverture sociale, …) ne pas hésiter à frapper à la porte de l’assistante sociale de l’hôpital ou du CCAS (Centre Communal d’Action Sociale).